Kenya – Opposition des évêques à la fermeture du camp de Dadaab


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Kenya – Opposition des évêques à la fermeture du camp de Dadaab
Par Manu Van Lier
Journaliste de CathoBel
Publié le
2 min

Somali_school_in_Dadaab,_Kenya_refugee_camp"Fermer le camp de réfugiés de Dadaab aura sans aucun doute des conséquences non seulement pour des milliers de réfugiés mais pour l’ensemble de la région", affirment les évêques du Kenya, dans une déclaration envoyée à l’Agence Fides.

L'épiscopat kényan, exprime sa profonde contrariété à l’annonce du gouvernement de Nairobi à propos de la fermeture du plus grand camp de réfugiés du monde. Après avoir rappelé que, "pendant des années, le Kenya a été en première ligne dans le noble effort humanitaire d’accueil de réfugiés provenant des pays voisins et au-delà", les évêques réaffirment les principes de la Constitution du Kenya - dont l’article 27 établit que l’Etat ne peut faire aucune discrimination - et les obligations internationales dérivant de la Convention de l’ONU de 1951 sur les réfugiés ainsi que de celle de l’Organisation pour l’Unité africaine - devenue entre temps Union africaine - de 1968 qui "oblige le gouvernement à protéger les réfugiés durant leur séjour au Kenya, interdit toute forme de retour forcé et conserve le caractère civil et humanitaire des camps d’accueil". "Conformément aux obligations nationales et internationales ainsi qu’aux enseignements catholiques, nous demandons au gouvernement de démontrer un engagement sincère à l’égard des besoins de tous, sans discrimination, en particulier envers les réfugiés", remarquent les évêques.

Veiller à la protection de tous
Si le gouvernement du Kenya a motivé la décision de fermer les camps d’accueil en recourant à des raisons de sécurité nationale, les évêques reconnaissent "les authentiques préoccupations du gouvernement et apprécient sa détermination à renforcer la sécurité, mais ceci doit être fait pour le soin et la protection de tous ceux qui vivent à l’intérieur des frontières du Kenya". Les évêques rappellent également l’article 228 de la Constitution, qui indique: "il est nécessaire d’assurer la sécurité nationale en accord avec la loi et dans le plus grand respect des règles législatives, démocratiques, des droits fondamentaux et des libertés fondamentales". Après avoir réaffirmé leur engagement à collaborer avec les autorités afin de trouver "des solutions soutenables à long terme pour les réfugiés", les évêques concluent en demandant au gouvernement de reconsidérer sa décision et de persévérer dans la voie du dialogue "pour assurer un rapatriement, volontaire et serein, aux réfugiés" qui le désirent. Enfin, ils recommandent la réactivation du Département pour les Affaires des réfugiés.

FIDES - Photo: "Une école en plein air dans le camp de réfugiés somaliens de Dadaab au Kenya." © Domaine public

Catégorie : International

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