
J-J Durré – Directeur de la rédaction chez CathoBel
Dans les circonstances actuelles, les déclarations de nos responsables politiques sont affligeantes. Indignité est le mot qui convient pour qualifier ce triste spectacle de "ping-pong" qui fait que personne n’est responsable, si ce n’est bien sûr "l’autre". Nous en avons encore eu la preuve, le dimanche de Pâques, avec les propos du bourgmestre de Bruxelles sur les débordements perpétrés par les "hooligans" à la Bourse. Comment peut-il déclarer que "la Flandre a sali Bruxelles par ses extrémistes". Tout cela ne serait qu’une stupide querelle politicienne, mais qui prend une toute autre dimension vu le contexte. Or, la tendance de nos dirigeants consiste de plus en plus à rejeter à tout moment la faute sur l’autre. Les tunnels bruxellois sont en voie de s’écrouler: "Ce n’est pas moi, c’est mon prédécesseur". Les services de sécurité n’ont pas arrêté un terroriste expulsé de Turquie? C’est l’agent de liaison à Ankara qui n’a pas fait son travail. Molenbeek est un repère de djihadistes? C’est la faute à l’ancien bourgmestre. "C’est pas moi" semble être devenu le mot d’ordre du monde politique, et il y a là un réel danger.
Il faut arrêter ce rejet permanent et ce jeu politicien. Ce n’est pas digne de personnes élues pour assumer des responsabilités. A force justement de ne pas les assumer, de se dédouaner en permanence, le risque de voir se décrédibiliser le monde politique est réel et dangereux.
Les douloureux événements du 22 mars dernier devraient au contraire sceller une "union" entre les hommes et femmes politiques, à tous niveaux, qu’ils soient dans l’opposition ou la majorité. Le monde religieux, toutes confessions confondues, a célébré une veillée œcuménique à la Cathédrale de Bruxelles. Catholiques, orthodoxes, anglicans, protestants, juifs et musulmans ont dépassé leurs différences, pour adresser ensemble une prière commune à la mémoire des victimes des attentats. Comme l’a dit récemment Salah Echallaoui, le président de l’Exécutif des Musulmans: "Eux ils ont des bombes, nous, nous avons notre solidarité et nous avons l’amour pour résister à ces horreurs."
Le papa d’une des victimes des attentats, le journaliste Michel Visart, malgré la douleur qui le brisait, l’a bien résumé, sur le plateau du JT de la RTBF: "Je pense que si on construit des murs d’exclusion, si l’on cultive la haine, on va dans le mur. Si l’on veut un monde différent, il faut le respect et la tolérance. Il faut aussi de l’amour."
Peut-être nos édiles devraient-ils méditer ces paroles…
Jean-Jacques Durré
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