Ce 13 avril, une plaque dédiée à la mémoire des victimes de la Saint Barthélemy a été dévoilée par la maire de Paris, Anne Hidalgo. Les protestants de France sont ensuite reçus chez le président de la République.

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444 ans après le massacre de la Saint-Barthélemy, la France laisse une trace visible de la mémoire des 3.000 victimes parisiennes (10.000 sur toute la France) assassinées dans la nuit du 24 août 1572. Sur la plaque commémorative, deux vers d’Agrippa d’Aubigné, poète et ancien chef de guerre protestant, sont inscrits: «Jour qui avec horreur parmi les jours se compte, Qui se marque de rouge et rougit de sa honte.»
François Clavairoly, président de la Fédération protestante de France (FPF), a souhaité que cet hommage porte sur l’ensemble des victimes et non uniquement pour l’une des personnalités, comme beaucoup d’autres plaques. Le choix du lieu et de la date d’inauguration ne sont pas dus au hasard: Si des emplacements proches du pouvoir royal (le Louvre) ou de la Seine (où furent jetés les cadavres) ont été évoqués, la fédération protestante de France a privilégié le mur de soutien de la statue d’Henri IV, au cœur de la capitale. Le même roi Henri IV qui signa l’édit de Nantes, qui permit aux protestants d’accéder à la liberté de culte.
Une cérémonie à dimension interreligieuse
Loin d’en faire un événement identitaire, la FPF a convié les hauts dignitaires catholiques, juifs, ainsi que les représentants de l’islam et du bouddhisme. Dans le climat actuel où la France subit encore des crimes au nom de Dieu, le thème de la cohésion sociale a paru approprié: «La Saint-Barthélemy fut d’abord le moment où un pays ne pouvait plus se parler à lui-même, le moment où la violence réciproque l’a emporté.»
Un deuxième temps fort attend les protestants ce 13 avril. Le président François Hollande recevra trois cents responsables de la Fédération protestante de France et de la Fédération de l’entraide protestante. L’occasion d’évoquer l’engagement solidaire, civique et social des protestants. En prélude à cet entretien, le mouvement Christianisme social a fait parvenir au président français une lettre ouverte, demandant que «le politique ouvre de nouvelles voies plutôt que de flatter les crispations, les replis et les fermetures.» Les signataires soulignent qu’il n’y a que l’espérance qui puisse faire face à la peur. La lettre ouverte se termine par une reformulation actualisée des préceptes chrétiens: «Nous attendons des gestes forts qui favorisent l’intégration de tous les habitants de notre pays et qui expriment un accueil concret de l'étranger au milieu de nous, quelles que soient ses raisons de chercher une autre terre. Et nous réclamons toute nouvelle loi qu’elle protège davantage les petits - salariés, étrangers, jeunes, chômeurs -, plutôt qu’elle ne conforte les puissants - les grands patrons et tous les faux prophètes du Marché.»
A.-F. de Beaudrap (avec La Croix)
