« Eurovillage », un documentaire pour découvrir la vie des demandeurs d’asile


Partager
« Eurovillage », un documentaire pour découvrir la vie des demandeurs d’asile
Par Anne-Françoise de Beaudrap
Publié le - Modifié le
2 min

Jusqu'au 28 mai prochain, Flagey (Bruxelles) organise la projection du documentaire "Eurovillage". Le réalisateur belge François Pirot a voulu par ce film "mettre des visages sur la question des migrations".

Eurovillage-2015-Fran-ois-Pirot-3.367-photo-420Le documentaire de 72 minutes nous plonge à Herbeumont au cœur de l'Ardenne. Entouré par la forêt ardennaise, Eurovillage, un ancien centre de vacances, s'est transformé en 2011 en centre d'accueil "ouvert" pour demandeurs d'asile, géré par la Croix Rouge. Isolés dans ce centre reculé pendant de nombreux mois (certains y sont depuis plus de 2 ans), comment les 300 résidents qui l'habitent font-ils pour supporter cette angoissante attente, ce moment suspendu et vide, qui, pour une majorité d'entre-eux, se conclura par un "ordre de quitter le territoire"?

"Eurovillage", qui a déjà été projeté aux Grignoux (Liège), lève un coin de voile sur la vie des demandeurs d'asile en Belgique. Le réalisateur, par sa caméra, a su saisir l'intimité et les espoirs des hommes et femmes rencontrés, avec beaucoup de respect. Tous sont minés par l'attente indéfinie d'une décision qui changera les destins.

Rencontre avec le réalisateur

Eurovillage-2015-Fran-ois-Pirot-1.324-photo-420Le CIRé a interrogé François Pirot sur la naissance de ce documentaire: "Je connaissais ce lieu dans sa fonction passée, cette région est celle de mon enfance. Et un jour, j’ai découvert qu’il avait été transformé et qu’il abritait plusieurs centaines de demandeurs d’asile. Ça faisait un certain temps que j’étais intéressé par la question des demandeurs d’asile. Elle n’était pas autant à l’avant-plan de l’actualité qu’elle l’est aujourd’hui, mais elle était déjà présente. Et je trouvais que la presse, souvent, parlait de groupes, de chiffres, sans vraiment mettre de visage sur ces personnes. J’avais envie, grâce au cinéma, de les rencontrer.

Vous avez dit du centre qu’il était comme «un paquebot dans l’océan»… Pourquoi?

François Pirot: La chose qui frappe le plus quand on arrive au centre, c’est son isolement. Il est vraiment au milieu de la forêt, et Herbeumont est une toute petite ville où il n’y a pas vraiment de choses à faire. En cela, je trouve que ce lieu raconte visuellement ce que les personnes traversent. C’est-à-dire qu’elles sont arrivées sur le territoire européen, mais elles ne peuvent pas encore vraiment l’investir puisqu’elles ont juste la permission d’y rester le temps de leur procédure, sans savoir si elles vont pouvoir s’y fixer. Elles sont là, mais le voyage n’est pas tout à fait terminé. J’ai eu cette image de personnes rassemblées sur une espèce de navire au milieu de la forêt sans qu’elles sachent si elles allaient pouvoir toucher terre un jour.

A.-F. de Beaudrap

 

La suite de l'interview du réalisateur, à lire sur le site du CIRé

Voici la bande-annonce d'"Eurovillage"


Dans la même catégorie