Après le Burkina Faso et le Mali, La Côte d’Ivoire, jusque-là épargnée par les attaques terroristes djihadistes, a été prise pour cible ce dimanche 13 mars. Au moins 16 personnes ont trouvé la mort dont un Français, un Allemand et deux personnes des forces spéciales. Ce même jour, la capitale turque était également visée par un très violent attentat-suicide.
L'attaque a été perpétrée par un commando de six hommes très lourdement armés, qui ont tiré sur des touristes à Grand-Bassam, une station balnéaire très prisée des expatriés et des Occidentaux et des Ivoiriens pendant le weekend, située à 40 km de la capitale Abidjan. L'attaque à commencé à 12h30 et selon les déclarations du président ivoirien, Alassane Ouattara, les forces spéciales sont intervenues dès 13h15. Les six assaillants ont été abattus.
Revendiquée par Al-Qaïda
Une telle attaque fait écho à celles visant des lieux étrangers à Bamako le 24 novembre dernier ou encore à Ouagadougou, le 15 janvier dernier. De fait, Aqmi (Al-Qaïda au Maghreb Islamique) l'a revendiqué quelques heures après. Le communiqué du groupe terroriste parle seulement de trois "héros", contrairement à la police ivoirienne.
Si la Côte d'Ivoire n'avait jamais été touchée par des attentats, la menace était réelle, pour de nombreux experts, même s'il ne fait pas partie des cinq pays qui se sont associés pour lutter contre le terrorisme dans cette région du monde. Du coup, beaucoup pensent que derrière cet attentat, une autre cible était visée: la France. 550 militaires français du 43e régiment d'infanterie de marine sont stationnés sur place, sur la route entre Abidjan et Grand-Bassam. Le président français François Hollande qui a dénoncé ce "lâche attentat", a d'ailleurs indiqué que la France apportait son soutien logistique et de renseignement à la Côte d'Ivoire pour retrouver les agresseurs et qu'elle "poursuivra et intensifiera sa coopération avec ses partenaires dans la lutte contre le terrorisme".
Attentat suicide à Ankara
Par ailleurs, on apprenait ce même dimanche qu'au moins 37 personnes avaient été tuées dans un attentat-suicide à la voiture piégée en plein centre de la capitale turque. L'explosion s'est produite à proximité de la station de métro Kizilay, l'une des places les plus fréquentées d'Ankara, vers 18h45.
C'est le troisième attentat-suicide qui frappe la capitale turque en cinq mois.
Si l'attentat n'a pas été revendiqué, les autorités turques estiment qu'il porte la même signature que les précédents. En représailles de l'attentat de dimanche, l'aviation turque a immédiatement frappé des camps du PKK dans le nord de l'Irak. Mouvement d'inspiration marxiste-léniniste, le PKK mène une guérilla depuis la fin des années 1970 dans les zones de peuplement kurde en Turquie, dans le but d'arracher l'émergence d'un Kurdistan indépendant.
P.G.

