Le CDH vient à son tour de déposer une proposition de loi afin d'autoriser le "don de congés". Notamment pour assister un enfant gravement malade. Le ministre de l'Emploi Kris Peeters soutient l'idée.
En Belgique, il est interdit de donner ses jours de congés à un collègue de travail. Mais la situation pourrait rapidement changer. Après le Mouvement réformateur (MR) en décembre, le CDH a déposé à son tour une proposition de loi légalisant le don de congés. Elle sera examinée au Parlement début mars par la commission des Affaires sociales.
A l'instar de ce qui existe déjà en France, un tel don ne pourrait être effectué que dans des cas très précis et de manière anonyme. Pour le MR, cela serait possible pour aider un salarié dont l'enfant (de moins de 21 ans) serait atteint d'une maladie, d'un handicap ou victime d'un accident grave. Le texte du CDH ajoute des cas supplémentaires, notamment le décès d'un conjoint ou d'un cohabitant légal, le décès d'un enfant mineur et les soins à un enfant, un ascendant ou son conjoint en soins palliatifs. Autres balises placées par le CDH et le MR dans leur proposition: l'anonymat de la démarche administrative pour celui qui donne ses congés et l'obligation pour le donneur de garder au moins 20 jours de congés.
Appuyée à 100% par le ministre de l'Emploi Kris Peeters (CD&V), une telle proposition a de grandes chances d'être adoptée, d'autant qu'elle est portée par l'un des partis du gouvernement. Consultée par le journal Le Soir, la Fédération des entreprises de Belgique (FEB) ne la rejette pas d'emblée. Le monde patronal se montre néanmoins prudent. "Il faut un certain nombre de jours de travail pour pouvoir avoir droit à certaines allocations", rappelle la FEB.
Les syndicats sont contre
En revanche, les syndicats se montrent totalement défavorables à ce projet. Selon eux, ce n'est pas aux travailleurs de régler un problème de société. "C'est le rôle de la Sécurité sociale d'intervenir", avance Marc Goblet, le secrétaire général de la FGTB. "Il faut que l'Inami puisse prendre en charge ces parents et leur donner un revenu suffisant", ajoute-t-il. La CSC propose de son côté un système avec une allocation payée par la Sécurité sociale et avec une assimilation des périodes de congés thématiques ou de crédits-temps pour la pension.
Risques d'une générosité aléatoire
Circonspecte, la Ligue des familles dit ne pas fermer la porte mais préférerait que le soutien aux parents vivant un drame familial soit pris en charge par la Sécurité sociale. Elle propose donc que les dispositifs publics actuels (les crédits-temps et les congés thématiques) soient revalorisés et qu'il y ait davantage de structures de répit et de structures d'accueil, de qualité et accessibles à toutes les familles. La Ligue des familles attire notamment l'attention sur les risques d'inégalités entre entreprises et entre collègues, de générosité aléatoire, d'exposition peu souhaitée par les parents concernés et de conciliation entre vie familiale et vie professionnelle fragilisée.
P.G. (d'après Le Soir)

