Le Secrétariat général de l'Enseignement catholique (SeGEC) estime que la réforme du ministre Marcourt constitue "un pas en avant", mais il rappelle que de Hautes écoles sont toujours sou-financées et que des écoles supérieures des arts sont oubliées…
Dans un communiqué, la Fédération de l’enseignement supérieur catholique (SeGEC) qui représente les Hautes Ecoles et les Ecoles Supérieures des Arts de l’enseignement catholique, se dit satisfaite de la décision du ministre Jean-Claude Marcourt d’engager des moyens pour le refinancement de l’enseignement supérieur, "un pilier du développement de la formation des jeunes et de l’avenir de notre pays".
Elle souhaite néanmoins rappeler que les hautes écoles touchent actuellement un subside de 5.300€ en moyenne par étudiant alors que les universités reçoivent 7.800€ par étudiant (données issues des indicateurs de l’enseignement). "Le financement réel par étudiant est donc nettement inférieur dans les Hautes Ecoles", écrit le SeGEC.
Proches des étudiants et aussi des milieux professionnels, ancrées dans l’environnement économique et le tissu socio-culturel, les Hautes Ecoles captent près de 50% des étudiants du supérieur - soit 84.000 étudiants en 2013-2014. "Les débouchés de ces diplômés sont incontestables et les études du FOREM en attestent. Mais assurer l’encadrement des étudiants, poursuivre les différentes missions allouées aux Hautes Ecoles, rester en prise directe avec le milieu professionnel nécessitent des moyens qui diminuent de façon significative au regard de l’évolution de population", ajoute le communiqué de l'enseignement catholique.
Appel pour une stabilisation à long terme
"Si notre population continue à augmenter de l’ordre de 15% par an dans les cinq années à venir comme cela a été le cas ces cinq dernières années et que, par ailleurs, l’enveloppe des Hautes Ecoles augmente d’un montant de 35 millions d’euros, les Hautes Ecoles verront le montant moyen par étudiant diminuer et le définancement continuera à s’accroître de l’ordre de 5% puisque la courbe d’augmentation des subsides ne sera pas proportionnelle à l’augmentation de population", poursuit le communiqué.
Le SeGEC réclame à tout le moins la stabilisation à long terme, partant du constat que la population étudiante dans les Hautes Ecoles représente quasiment la moitié de celle de l’enseignement supérieur dans son ensemble, et que sa part du budget dans l’enseignement supérieur représente 40%.
Rappelant encore que les Hautes Ecoles n’ont actuellement que peu de possibilités de chercher des financements complémentaires pour la recherche appliquée, alors que les universités bénéficient de ressources supplémentaires de financement pour leurs activités de recherche, le SeGEC estime essentiel voire absolument nécessaire, de prendre en compte les besoins et l'évolution des différents types d’opérateurs de l’enseignement supérieur. "Nous espérons que le ministre Marcourt, conscient de cela, continuera à être sensible à ces demandes et à les valoriser", conclut le communiqué, ajoutant qu'à ce sujet, "les Ecoles Supérieures des Arts (ESA) devraient aussi ne pas être oubliées en envisageant un financement équilibré entre les institutions".
J.J.D.

