L’Organisation des Nations unies (ONU) a nommé lundi, une coordinatrice spéciale chargée des affaires d’abus sexuels dont sont responsables les casques bleus déployés en Afrique dans le cadre des missions de maintien de la paix.
L'Américaine Jane Holl Lute (photo) est chargée "d'améliorer la réponse des Nations unies à l'exploitation sexuelle et aux abus sexuels". Il faut rappeler que l'organisation a été quelque peu discréditée par des accusations d'abus sexuels. L'an dernier, l'ONU a recensé 69 cas d'abus sexuels présumés au sein de ses 16 missions de paix dans le monde, dont 22 cas concernaient la Mission de l'ONU en Centrafrique (Minusca). Récemment, sept nouveaux cas présumés d'abus sexuels commis par des Casques bleus ont été découverts, dont cinq au moins concernent des jeunes filles mineures.
Jane Holl s'efforcera de "renforcer la réponse de l'ONU" aux nombreuses affaires d'abus sexuels qui ont terni la réputation des Casques bleus, en particulier en République centrafricaine. Mme Lute est actuellement conseillère spéciale de l'ONU pour la réinstallation hors d'Irak des résidents du camp Hurriya, situé près de l'aéroport de Bagdad. Depuis 2003, elle a occupé diverses fonctions dans le département de maintien de la paix de l'ONU.
Un rapport publié en décembre dernier pointait du doigt de graves dysfonctionnements dans la manière dont l'ONU avait géré des affaires de viols présumés d'enfants en Centrafrique. L'Organisation basée à New-York a pris des mesures pour sanctionner ces abus sexuels récurrents, notamment en commençant à nommer les pays dont sont originaires les soldats incriminés et à rapatrier des contingents entiers de Casques bleus venus du Congo ou de la République Démocratique du Congo. Mais il revient aux pays qui fournissent des troupes aux missions d'enquêter et de sanctionner pénalement les coupables.
Avec agences
