Le Parlement européen qualifie de génocide les persécutions commises en Syrie et en Irak par l’Etat Islamique


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Le Parlement européen qualifie de génocide les persécutions commises en Syrie et en Irak par l’Etat Islamique
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
3 min

Parlement européen-bxlLe Parlement européen a voté en session plénière ce jeudi 4 février une résolution qualifiant d’«actes de génocide», de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre les atrocités commises par le groupe terroriste Etat Islamique en Syrie et en Irak.

Cette résolution est le résultat du débat qui a eu lieu le 20 janvier dernier, au cours duquel une grande partie des députés européens a qualifié de génocide le massacre de minorités religieuses, en particulier chrétiennes et yézidies, dans les pays en question.

Par ailleurs, le 27 janvier dernier, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe a adopté presque à l’unanimité, la résolution 2091 (2016) «Combattants étrangers en Syrie et en Irak» dans laquelle il a été reconnu que les «individus qui agissent au nom de l’entité terroriste autoproclamée Daesh […] ont commis des actes de génocide et d’autres crimes graves réprimés par le droit international.»
Le texte précise encore: «L’Assemblée rappelle que le droit international impose aux Etats l’obligation positive de prévenir tout génocide, que les Etats doivent agir sur l’hypothèse que c’est un génocide et par conséquent, de faire tout leur possible pour empêcher leurs propres ressortissants de prendre part à de tels actes.» Le 15 décembre 2015, le Parlement lituanien a adopté une résolution sur le génocide des chrétiens et autres minorités religieuses au Proche-Orient et en Afrique du Nord. Des initiatives similaires sont lancées au Congrès des Etats-Unis.

Des responsables politiques tels que Hillary Clinton ont utilisé ce terme, déjà utilisé par le pape François en juillet dernier lorsqu’il a affirmé avec aplomb l’existence d’«un génocide en cours qui doit cesser». Le temps est donc venu pour l’Union européenne et les Nations Unies d'appeler la réalité par son nom, et être cohérentes avec les exigences du droit international.

Les implications

Le «crime de génocide» a une définition précise en droit international: il implique des crimes «commis dans l’intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux». Il est donc évident que les chrétiens et les yézidis en Irak et Syrie sont victimes de génocide.

Le droit international impose aux Etats et à la communauté internationale l’obligation de prévenir le génocide, de défendre les groupes qui font l’objet de génocide, et de juger et punir les responsables. La tentative, la complicité, le complot ou l’incitation à commettre un génocide sont également punissables. En conséquence, toute personne ou organisation, quelles qu’elles soient - y compris l’Union européenne ou les Etats-Unis - qui commet, tente de commettre, est complice de génocide, ou y incite, doit être poursuivie pénalement.

La reconnaissance du génocide est donc la première étape fondamentale pour obtenir que la communauté internationale agisse. L’utilisation du terme de génocide n’a pas seulement une forte signification symbolique; dans la pratique, la communauté internationale est prête à agir quand elle fait face à un génocide déclaré.

Aide à l’Eglise en Détresse (AED) soutient l’appel des patriarches de Syrie et d’Irak et lance une campagne internationale de prière: "Priez et faites carême pour la paix dans notre pays". Cet appel à la prière sera diffusé dans les médias sociaux en utilisant les hashtags #fastandpray, #carrythecross, #AshWednesday.

Pour soutenir financièrement l'action de l'AED, cliquez ici

(Source AED)

 

Catégorie : International

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