Quatrième long métrage de Bouli Lanners, "Les Premiers Les Derniers" a été présenté en première au 66e Festival de Berlin où il a remporté, ce samedi 20 février, le prix Europa Cinemas Label et le Prix Œcuménique.
Le titre du quatrième long métrage de Bouli Lanners résonne de manière quasi biblique. L’intrigue semble simple: dans une immense plaine balayée par le vent, Cochise et Gilou, deux chasseurs de prime, sont à la recherche d’un téléphone volé. Leur chemin va croiser celui d’Esther et Willy, un couple en cavale. Cependant, quelques questions surgissent. Et si c’était la fin du monde? Dans cette petite ville perdue où tout le monde échoue, retrouveront-ils ce que la nature humaine a de meilleur? S’agit-il vraiment des derniers hommes? Sont-ils différents des premiers?
Les premiers, les derniers, c’est tout à la fois un western, une œuvre apocalyptique et humaniste. C’est également une histoire d’amour et il a été projeté dans le cadre du Festival International du Film d’Amour de Mons (voir interview de Bouli Lanners ci-contre). La France a découvert ce long métrage fin janvier et les critiques reconnaissent qu’il s’agit d’une œuvre singulière dont l’abord n’est pas facile mais qui mérite largement le détour. Pour certains, c’est une œuvre spirituelle, voire religieuse.
L’histoire, c’est celle de deux hommes, Gilou et Cochise que l’on peut voir comme les derniers! Ils sont chasseurs de prime. Ils ne chassent pas des truands, mais un téléphone qui contient des informations qui ne peuvent pas être rendues publiques. Cette recherche va les conduire à de curieuses aventures dans la Beauce et des rencontres étonnantes: une momie, un patron de maison d’hôte, un croque-mort, des brigands...
Il y a aussi les premiers, un couple de jeunes qui sent venir la fin du monde. Willy a le téléphone, mais ne sait pas ce qu’il a entre les mains. Ils ne fuient pas devant les chasseurs de prime, mais sont plutôt en recherche. C’est que la fragile et terrorisée Esther cherche son enfant, placé en institution. Elle n’a pas le droit de visite. Eux aussi feront d’étonnantes rencontres. En particulier, un certain Jésus qui dit être le "vrai" et invite à regarder sa main. Attention, ce Jésus ne devrait pas plaire à tout le monde selon le réalisateur. Il ne prend pas l’épée ou le glaive... mais une arme à feu!
"Les Premiers, les derniers" pourrait déconcerter les spectateurs et les "croyants". Ainsi prévenus, qu’ils n’hésitent pas à se rendre dans les salles pour vivre une aventure qui les invitera à dépasser les apparences pour découvrir que l’on peut aimer son prochain comme soi-même!
Charles DE CLERCQ, RCF Belgique - Photo: Versus Production/Kris Dewitte
Retrouvez dans le journal Dimanche n°8 du 28 février 2016, une interview du réalisateur Bouli Lanners (s'abonner à Dimanche).
Lien vers la critique complète du film: www.cinecure.be/916 - Pour les autres sorties de cette semaine: www.cinecure.be/804

