Suite aux "fuites" qui ont perturbé le passage des CEB l'an passé, la Ministre de l'Enseignement a fait part de nouvelles règles en matière d’organisation de ces épreuves externes. Mais les directeurs d'école s'y opposent.
Les Associations de directeurs du fondamental s’insurgent en particulier contre la mesure de la Ministre Milquet qui prévoit que "les épreuves seront désormais distribuées le matin de l’épreuve aux chefs d’établissement à partir d’écoles de la Fédération Wallonie-Bruxelles proches". Selon eux, une telle proposition revient à imposer une tâche qui sort de leur mission. De surcroît, elle ne tient pas compte, d'une part de la vie privée des directeurs avant les périodes scolaires, et, d'autre part, du fait que nombre d’écoles ont plusieurs implantations, parfois distantes de dizaines de kilomètres. Les directeurs, tous réseaux confondus, ont donc fait part de leur avis négatif, quand bien même ces épreuves pourraient être récupérées chaque veille de la passation, vers 16h… Ils estiment que si l’objectif du texte de l’Avant-projet vise une sécurisation du processus, le Gouvernement se trompe fondamentalement de stratégie. Et de lister toutes les situations à problèmes qui risquent de se produire suite à la nouvelle organisation prévue par le ministère de l'enseignement: retards dans certaines écoles, des implantations pas livrées à temps, des épreuves qui vont rester nuits et weekend dans des coffres de voiture, dans des entrées de maison, dans des bureaux non sécurisés, l'impossibilité de garantir qu'un directeur ne soit absent, malade, indisponible un des quatre jours de la récupération des épreuves, etc.
"Il est EVIDENT qu'on sort du rôle du directeur qui, une fois de plus, est soumis à toutes les bonnes volontés impossibles à remplir, sans aucun moyen et aucune aide administrative", écrivent les directeurs d'école dans un communiqué commun.
Quant à la réalisation d’une épreuve alternative qui ne serait utilisée qu’en cas de "fuite" de l'épreuve de base, elle ne trouve pas non plus grâce à leurs yeux. Envoyée par mail le matin même de l'épreuve, elle devrait être imprimée sur le site de l'école. Ce qui signifie l’obligation pour chaque directeur d'être présent dans son bureau, au détriment d'une activité extérieure avec une autre classe ou une réunion cette semaine-là. Et par ailleurs, l'obligation d'avoir du matériel performant pour l'impression de ces épreuves alternatives et du papier en quantité suffisante... Sans parler des épreuves adaptées, avec agrandissements ou supports particuliers…
En conclusion, les directeurs demandent que les épreuves du CEB soient livrées par l’Administration dans toutes les différentes implantations scolaires. Et acceptent le renforcement du contrôle de la distribution dans les classes des épreuves, par tous les moyens adaptés: inspecteurs, vérificateurs ou même huissiers.
P.G.

