Résultat de la fusion, en 1996, entre un hôpital du CPAS et un établissement des Mutualités chrétiennes, l’alchimie a pris pour faire croître un centre hospitalier régional de premier plan dans ce bassin de vie hennuyer de quelque 75.000 habitants.
Le Centre Hospitalier Régional (CHR) Haute Senne est et reste un cas très singulier au sud du pays de rapprochement réussi, et donc pérenne, entre des hôpitaux public (CHR Le Tilleriau, propriété du CPAS de la ville de Soignies) et privé avec la clinique Saint-Vincent à Soignies et la Clinique La Houssière de Braine-le-Comte, toutes deux propriétés des Mutualités Chrétiennes et qui avaient déjà fusionné sous le nom de Centre Hospitalier de Soignies. Une fusion public-privé qui n’allait pas de soi dès lors qu’une première tentative de rapprochement, au milieu des années septante, avait échoué tout en laissant des traces dans les esprits. En 1996, le contexte financier des deux institutions de soins sonégiennes était devenu très critique et le risque était, tout simplement, de voir ces deux hôpitaux disparaître. C’était donc une question de survie qu’avait bien compris le Louviérois Willy Taminiaux, alors ministre wallon qui, avec d’autres intervenants locaux, avait mis tout son poids dans la balance pour faciliter le rapprochement entre les deux institutions hospitalières sonégiennes. Concrètement, le CHR Haute Senne est né sur la base du chapitre XII de la loi organique des CPAS de juillet 1976, la nouvelle institution adoptant la forme juridique de l’asbl. A noter que ce chapitre XII, sous l’impulsion toujours du ministre Taminiaux, a dû être adapté pour les hôpitaux afin de permettre la mise en place d’un conseil d’administration avec une stricte parité dans la représentation des hôpitaux fusionnés.
Des investissements pour 60 millions
Cette structure parfaitement paritaire a ainsi pu garantir le pluralisme de l’institution. "Une organisation où, certes, des discussions, parfois franches, existent en interne mais où, depuis 20 ans, aucun vote n’a été nécessaire pour sanctionner les grandes options prises", assure le Dr Didier Delval, directeur général du CHR Haute Senne depuis 2008. Rapidement, dans le seul souci d’assurer aux patients "un service hospitalier de proximité et de qualité", insiste le Dr Delval, les sites, après la fermeture en 2008 de l’implantation quelque peu excentrée de Braine-le-Comte, ont été spécialisés (la maternité au Tilleriau, les services pédiatriques à Saint-Vincent...), sans oublier l’ouverture de trois polycliniques à Tubize, Enghien et Braine-le-Comte. Dès 2003 ont été engagés successivement deux très importants programmes d’investissement immobilier, achevés l’an dernier, pour un montant total de quelque 60 millions EUR dont 10% ont été assurés via les fonds propres du CHR.
Un millier de collaborateurs
Sur ces deux sites sonégiens, le CHR Haute Senne, partenaire, en fonction des spécialisations, tant des Facultés de médecine de l’UCL que de l’ULB mais aussi des autres hôpitaux de la région du Centre (Tivoli et Jolimont à La Louvière), dispose aujourd’hui de 240 lits auxquels il faut ajouter les quatre hôpitaux de jour, un tiers de ces lits équipant des chambres privées "pour suivre la demande des patients". Le centre hospitalier sonégien occupe un millier de collaborateurs, soit 515 ETP pour 740 personnes occupées, dont 170 médecins et 62 paramédicaux indépendants. L’an dernier, quelque 11.000 hospitalisations ont été enregistrées pour près de 7.500 interventions chirurgicales. Le chiffre d’affaires était de 70 millions EUR à fin 2015 "soit des progressions globalement à deux chiffres et des résultats financiers positifs depuis plusieurs années", assurent les gestionnaires.
Et les défis d’ici 2020?
"Outre que notre CHR, hôpital généraliste et de proximité, s’inscrit dans un parcours d’amélioration continue, nous renforcerons nos services de gériatrie, la revalidation, la chirurgie ainsi que le médico-technique, sans négliger la volonté de nous insérer dans des réseaux de soins intégrés", conclut le Didier Delval.
Hugo LEBLUD - photo: chrhautesenne.be
