Elle est un peu passée inaperçue et pourtant, elle est hautement symbolique. Plus de 300 leaders musulmans ont publié une déclaration appelant à respecter les minorités religieuses.Les organisateurs, qui renvoient explicitement à la Déclaration universelle des Droits de l'Homme, ont reconnu en préambule la nécessité de se réunir, au vu de la "situation des minorités qui subissent massacres, asservissements, déracinements et autres horreurs et humiliations" dans divers pays du Moyen-Orient. Ils constatent que ces violences "calomnient plus d’un milliard d’êtres humains" - les musulmans eux-mêmes - et suscitent "la répulsion et la haine" à leur égard. La déclaration appelle dès lors "les différentes communautés religieuses unies par le même lien national" à "reconstruire le passé" en "soignant les traumatismes" liés notamment à "l'occultation de siècles de vie commune sur la même terre". Une manière implicite de condamner les exactions du groupe terroriste Daech.
C'est dire que la "Déclaration de Marrakech" semble vouloir valoriser la pluralité religieuse et le vivre ensemble dans "les pays à majorité musulmane". Elle a dès lors été accueillie favorablement par la cinquantaine d'observateurs d'autres traditions religieuses, invités également à Marrakech, bien que certains d'entre eux ont quand même un peu déploré le manque de concret de toute cette démarche.
Benoit Lannoo (Source: Religions for Peace)

