Massacre à huis clos au Burundi


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Massacre à huis clos au Burundi
Par Pierre Granier
Journaliste de CathoBel
Publié le
2 min

Burundi-violencesLes événements se précipitent au Burundi. Depuis avril, ce petit pays de l’Afrique des Grands Lacs vit au rythme d’une crise politique qui voit le pouvoir du président Pierre Nkurunziza vivement contesté. Ces derniers jours, le niveau de violence a franchi un nouveau palier.

La réélection controversée de Pierre Nkurunziza, malgré les protestations ayant précédé le scrutin, n’a pas fait taire la colère des opposants. Le pouvoir a alors décidé d’utiliser la manière forte pour s’imposer. Depuis cet été, des attaques d’hommes armés ont régulièrement lieu principalement à Bujumbura, entrainant des représailles de la part des forces de l’ordre. Ces derniers jours, le niveau de violence a atteint un niveau inédit jusqu’alors. Le 11 décembre, trois camps militaires ont été attaqués à Bujumbura et en province. Quelques heures plus tard, selon des témoignages d’habitants de plusieurs quartiers de la capitale, notamment Nyakabiga et Rohero II, les forces de sécurité ont exécuté au moins 79 jeunes hommes considérés comme des "ennemis". Selon les témoins, les jeunes gens ont été froidement exécutés, parfois même avec les poignets liés, puis ensevelis à la hâte dans des fosses communes. Huit soldats et policiers ont également été tués.
Pendant ce temps, le pouvoir évoque des ennemis forcément redoutables, tandis que les civils suivent les chemins de l'exil ou se terrent dans la peur.

Le spectre dune guerre civile

Au ministère des Affaires étrangères belges, le spectre de la guerre civile est clairement évoqué. Dans un communiqué officiel, le ministre Reynders en appelle "le Conseil de Sécurité des Nations Unies et le Conseil Paix et sécurité de l'Union africaine à se saisir d'urgence de la situation et de prendre les mesures de protection de la population qui s'imposent". Par ailleurs, le ministre belge insiste sur "la responsabilité individuelle de tous les acteurs impliqués dans des crimes et appelle à ce que dans l'immédiat une enquête indépendante soit menée. Il invite les autorités à collaborer avec le Haut-Commissariat aux Droits de l'Homme et les observateurs de l'Union Africaine." L'urgence est réelle pour les millions d'habitants aux prises avec la violence. Il y a un mois déjà, les Affaires étrangères belges recommandaient instamment aux ressortissants belges de quitter le pays, en raison de l'insécurité grandissante. Pourtant, à la mi-novembre, les expatriés belges et français étaient encore nombreux à atterrir à Bujumbura, pour des motifs professionnels.

PG/AT

Catégorie : International

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