Depuis les attentats de Paris et le "lockdown" à Bruxelles, le Collectif contre l’Islamophobie en Belgique (CCIB) constate une islamophobie de plus en plus violente.
La méfiance à l'encontre des musulmans est montée d'un cran ces dernières temps. En l’espace d’un mois, de mi-novembre à mi-décembre, le CCIB a recensé une quarantaine d’actes islamophobes en Belgique. Pour la moitié d'entre eux, il s'agit de propos haineux sur internet mais l'ASBL enregistre également des agressions, des menaces de mort et même des violences policières. Pour Patrick Charlier, directeur francophone du Centre Interfédéral pour l’Egalité des Chances, ce n'est pas tant le nombre d'actes qui est inquiétant mais la gravité des faits, qui s’est accrue. Les propos haineux sur la Toile sont devenus de véritables appels au meurtre et les insultes en rue se sont muées en agressions (arrachage de foulards). Patrick Charlier remarque également que les niveaux de sécurité 3 et 4 ont, semble-t-il, justifié des interventions nettement plus musclées que nécessaire. Et cela préoccupe au plus haut point Hajib el Hajjaji, vice-président du CCIB. Dans le journal Le Soir, il met en garde sur l’impact de telles violences policières sur les jeunes : « S’ils ont l’impression et qu’ils constatent que ceux qui représentent l’Etat, cet état de justice, de droit qu’on leur vend, vont précisément à l’encontre de leurs droits, cela ne peut qu’accentuer les phénomènes de repli et de radicalisation qu’on observe aujourd’hui. »
Le CCIB appelle donc à une prise de conscience du phénomène, à des positionnements politiques forts et à une lutte sérieuse contre l’islamophobie. Et pour y parvenir, le Collectif encourage les victimes de tels actes à porter plainte. Sur les 47 cas qu'il a recensés, seuls six ont été signalés à la police.
P.G. (avec Le Soir)

