Les travaux de la COP21 se poursuivent à Paris. Alors que l'on a beaucoup parlé des interventions des chefs d’Etat et de gouvernement, le discours du cardinal Parolin (photo), secrétaire d’Etat du Saint-Siège, n'a pas eu beaucoup d'échos médiatiques. Pourtant, il rappelé le pape François et le Vatican souhaite que la conférence sur le climat "conduise à l’adoption d’un accord global et transformateur".
Pour le numéro 2 du Vatican, cet accord devra être fondé sur les principes de solidarité, de justice, d’équité et de participation, avec trois objectifs complexes et interdépendants: réduire les impacts du changement climatique, combattre la pauvreté et promouvoir la dignité de la personne humaine. Rappelons que lors de son voyage en Afrique, le Saint-Père avait aussi ajouté, depuis Nairobi, qu’il serait tragique que les intérêts particuliers l’emportent sur le bien commun et conduisent notamment à manipuler l’information.
Cet accord global et transformateur doit se fonder sur trois piliers, a rappelé le cardinal Parolin, à savoir l’adoption d’une orientation éthique claire qui inspire les motivations et finalités, la transmission de signaux clairs pour orienter les comportements de tous les acteurs concernés et une claire vision de l’avenir, en comprenant que la COP 21 n’est pas un aboutissement mais l’étape d’un processus.
Pas de place pour "la globalisation de l’indifférence"
Il est nécessaire de reconnaître avant tout que les personnes les plus vulnérables aux impacts du changement climatique sont les plus pauvres, mais aussi les générations futures qui en subiront les conséquences les plus graves, souvent sans en être responsables, a souligné le cardinal Parolin. La conscience que nous avons d’être une seule famille humaine et la certitude qu’il n’y a pas de place pour "la globalisation de l’indifférence" doivent être renforcées.
Envoyer des signaux clairs à tous les acteurs, gouvernements, entrepreneurs, communauté scientifique et société civile requiert de s’engager avec conviction dans la voie d’une économie à basse émission de carbone et dans celle d’un développement humain intégral, a rappelé le secrétaire d’Etat du Saint-Siège. La dynamique de ce parcours dépendra de la façon dont tous les acteurs s’engageront et collaboreront dans ce domaine qui offre lui-même de nombreuses possibilités de déployer le génie humain capable de promouvoir la dignité humaine, a poursuivi le Secrétaire d’Etat du Saint-Siège, appelant à la responsabilité. "Les pays mieux dotés de ressources et capacités devraient donner le bon exemple en apportant des ressources aux pays ayant plus de besoins", a t-il relevé, citant plusieurs exemples comme la gestion adéquate des forêts, la mise en œuvre de programmes appropriés, durables et diversifiés de sécurité alimentaire ou la lutte contre le gaspillage de nourriture.
Adopter des comportements nouveaux
Concernant enfin la vision de l’avenir, au-delà de la COP 21, le cardinal Parolin rappelle que le Saint-Siège plaide pour un accord d’une ample perspective temporelle, qui prévoit des processus de révision des engagements et de suivis transparents, efficaces et dynamiques. "Il est nécessaire de prendre sérieusement en considération la mise en œuvre de modèles de production et de consommation durables, et l’adoption de comportements et styles de vie nouveaux", a souligné le cardinal Parolin, d’où l’importance fondamentale de l’éducation et de la formation, parfois malheureusement relégués à la marge des négociations, a-t-il regretté. Le style de vie actuel, avec sa culture de marginalisation, est insoutenable et ne doit pas avoir droit de cité dans nos modèles d’éducation et de développement, a expliqué le cardinal citant l’encyclique Laudato Si'.
"Le Saint-Père nous encourage tous afin que la COP-21 puisse déboucher sur un accord qui allège les impacts du changement climatique, combatte la pauvreté et promeuve la dignité de l’être humain", a-t-il conclu.
Radio Vatican

