Alors que la plupart des médias mettent en avant le septième volet de la saga Star Wars, Cinécure met le focus sur un film de Michel Leclerc "La vie très privée de Monsieur Sim".
En effet, ce film risque de passer inaperçu face à un blockbuster et pourtant, il mérite largement d’être vu. C’est l’histoire de Monsieur Sim (comme la carte!), un homme sans histoire, sans intérêt. Il est si ennuyeux que sa conversation est mortelle!
Le réalisateur adapte un roman anglais de Jonathan Coe. Jean-Pierre Bacri habite ce rôle d’un homme, voyageur de commerce, qui traverse la France pour vendre des brosses à dents révolutionnaires. Il est si seul qu’il "dialogue" avec son GPS, ou plutôt avec la voix féminine de celui-ci, qu’il appelle "Emmanuelle". Cela nous donne l’occasion de découvrir des scènes et soliloques savoureux, notamment dans certains ronds-points.
On s’attachera aux rencontres de Monsieur Sim, notamment celle avec Samuel (Mathieu Amalric) qui lui donnera à lire un livre, L’étrange voyage de Donald Crowhurst (histoire vraie du navigateur du même nom). Nous découvrons des parallèles entre son voyage à travers la France et celui de Donald sur les mers. Une autre rencontre importante est celle avec son père (Christian Bouillette) qui l’invitera à lire un journal de jeunesse. Occasion de remonter le temps et de vivre les vingt ans de son père (Vincent Lacoste) avec son meilleur ami, Francis (Félix Moati). Ce récit, c’est aussi celui d’un amour perdu qui a mené à sa naissance, "par accident"!
Monsieur Sim est un tricheur! Il triche avec lui-même et avec les autres. Au terme, cependant et pour paradoxal que ce soit, ces (ses) triches le mèneront vers une autre vérité, celle d’une autre nature profonde, finalement pas loin de celle du père et de l’ouverture possible vers la rencontre d’un autre (soi-même?)!
Enfin, il faut ici avouer que le film a une sorte d’effet pervers. Le personnage de Sim, même attachant, est si crédible, si vrai dans l’ennui qu’il suscite, qu’il arrive que celui-ci gagne le spectateur. Il sera important d’y résister, car cette comédie dramatique est riche en émotion, candeur et humanité et invite, in fine, à une véritable inversion des points de vue!
Charles DE CLERCQ (RCF Bruxelles et Liège)
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