Les djihadistes belges de retour de Syrie iront en prison


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Les djihadistes belges de retour de Syrie iront en prison
Par Pierre Granier
Journaliste de CathoBel
Publié le - Modifié le
3 min

Charles-Michel-ChambreDevant les députés, le chef du gouvernement a annoncé les 18 mesures prises à la suite des attentats de Paris. L'heure est à l'union sacrée.

Le "combat des démocrates contre les ennemis de la liberté", "Le fanatisme, le racisme, est un poison, un poison qui vise à diviser, déchirer, détruire!" "Je n'accepte pas les critiques visant à dénigrer nos services de sécurité qui font un travail difficile et tenace"… Charles Michel a trouvé les mots ce matin pour unifier le pays dans sa lutte contre le terrorisme. Durant son discours, qu'il a ponctué par un "Nous ne céderons pas", le premier a été applaudi à de nombreuses reprises, et ce par l'ensemble des députés.

Garde à vue de 72 heures, perquisition 24/24h

Le Premier ministre a ensuite détaillé les mesures en matière de sécurité qui seront mises en œuvre par le gouvernement. Parmi les plus fortes, la garde à vue qui passe à 72 heures en cas de suspicion d'actes de terrorisme (au lieu de 24 heures actuellement), la possibilité de faire des perquisitions 24h sur 24h pour les infractions terroristes (elles étaient jusqu'à maintenant interdites entre 21 heures et 5 heures du matin), le port d'un bracelet électronique par toutes les personnes fichées par les services d’analyse de la menace et surtout la mise en prison de tous les combattants revenant de l’étranger à leur retour en Belgique.
Outre 400 millions d’euros débloqués pour renforcer la sécurité, avec des contrôles policiers renforcés aux frontières, le contrôle systématique de l’enregistrement de tous les passagers dans les avions et trains à grande vitesse et 520 militaires déployés sur le territoire, les services de renseignement bénéficieront de nouvelles technologies: empreintes vocales, élargissement des écoutes téléphoniques notamment pour le trafic d’armes.
Le gouvernement envisage par ailleurs d'assigner à résidence, de priver de liberté voire d'expulser les prédicateurs qui prêchent la haine. Mais aussi de démanteler des lieux de culte non reconnus qui diffusent le djihadisme et de fermer des sites internet prêchant la haine.

Un plan pour Molenbeek

Autres mesures qui toucheront l'ensemble des citoyens: la fin de l’anonymat pour les cartes prépayées, l'extension du réseau de caméras de reconnaissance des plaques minéralogiques, le renforcement du screening pour l’accès aux emplois sensibles.
Charles Michel a également évoqué un plan pour la commune bruxelloise de Molenbeek-Saint-Jean, en concertation avec les autorités régionales et locales, pour la sécurité et le vivre ensemble. Il a aussi parlé d'une évaluation en vue d’une adaptation des législations en lien avec l’état d’urgence et de la possibilité de lever des mesures temporaires et exceptionnelles garantissant la sécurité publique. Enfin, il a réaffirmé la participation de la Belgique à la lutte internationale contre Daech.

"Tant pis si ces mesures creusent le déficit"

L'ensemble des députés a réagi positivement à ce qu'a décidé le gouvernement de Charles Michel. "Les mesures prises me semblent une évidence", a commenté Hendrik Vuye, le chef de groupe N-VA, reprenant l'appel du Premier ministre à lutter contre les prédicateurs de haine et demandant à augmenter les effectifs de la Sûreté de l'Etat. De son côté, Laurette Onkelinx (PS), a affirmé que son groupe est "aux côtés de ceux qui combattent l'obscurantisme". La cheffe de groupe socialiste, estime également que les 400 millions d'euros promis par Charles Michel pour la sécurité "doivent être des moyens nouveaux, et tant pis si ça augmente le déficit d'autant".
P.G. (avec RTBF)

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