Burundi : le CNCD-11.11.11 dénonce la dérive dictatoriale


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Burundi : le CNCD-11.11.11 dénonce la dérive dictatoriale
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
2 min

Travail rural au BurundiLe Burundi a suspendu les principales ONG locales et bloqué des fonds de l’Opération 11.11.11. "Un pas de plus dans la dérive dictatoriale", dénonce le CNCD-11.11.11.

Hier, nous annoncions que la Maison Shalom, créée par Maggy Barankitse, pour accueillir et éduquer les enfants orphelins avait été fermée sur décision du ministère burundais de l'Intérieur. Dans la soirée d'hier mardi 24 novembre, le gouvernement burundais a suspendu les activités des principales ONG locales, quelques jours après avoir bloqué leurs comptes en banque, ainsi que les comptes personnels des principaux leaders de la société civile.

La raison invoquée est que ces ONG et personnalités ont été à la pointe du mouvement citoyen contre le troisième mandat du président Nkurunziza - contraire à la Constitution et à l’Accord de paix d’Arusha.

Parmi les ONG visées, on trouve le Forum de la société civile (FORSC), soutenu depuis plusieurs années par le CNCD-11.11.11, via le programme "Citoyenneté et démocratie" financé par l’Opération 11.11.11. Cette décision autoritaire illustre la dérive dictatoriale du gouvernement Nkurunziza.

Pour Arnaud Zacharie, secrétaire général du CNCD-11.11.11, "la démocratie implique de respecter la Constitution, mais aussi de disposer d’une société civile indépendante et dynamique. Or le gouvernement burundais ne respecte ni l’un ni l’autre. Plus les semaines passent, plus le Burundi s’enfonce dans l’autoritarisme et la violence."

Cette décision constitue un signal extrêmement négatif, alors que l’Union européenne et le Burundi sont actuellement en dialogue dans le cadre de l’article 96 de l’accord de Cotonou entre l’UE et les pays ACP (Afrique, Caraïbe, Pacifique).

Avec cette initiative visant à mettre la société civile au pas, le gouvernement burundais s’enfonce un peu plus encore dans la répression, alors que les manifestations n’ont débuté qu’après que le président Nkurunziza ait annoncé briguer un troisième mandat présidentiel, au mépris des Accords de paix d’Arusha et de la Constitution.

Selon Arnaud Zacharie, "cette répression des ONG burundaises est inacceptable et doit représenter pour l’UE un point de rupture dans le dialogue entamé sous l’article 96. Le Burundi doit revenir sur cette décision, car il ne peut y avoir de démocratie sans une société civile libre et indépendante."

Catégorie : International

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