Après les attentats de Paris, la Pologne refuse de relocaliser les immigrés


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Après les attentats de Paris, la Pologne refuse de relocaliser les immigrés
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
3 min

kaczynskijaroslawLe futur responsable polonais aux Affaires européennes a déclaré que Varsovie voulait contrôler complètement les frontières du pays.

"Après les attentats de Paris, la Pologne ne pourra pas respecter les accords européens de relocalisation d’immigrés", a déclaré samedi Konrad Szymanski, futur responsable aux Affaires européennes dans le gouvernement conservateur en cours de formation à Varsovie. "Les décisions, que nous avons critiquées, du Conseil européen sur la relocalisation des réfugiés et immigrés vers tous les pays de l’UE ont toujours la force de droit européen. Mais après les événements tragiques à Paris, nous ne voyons pas la possibilité politique de les respecter", a déclaré M. Szymanski sur le site internet www.Polityce.pl.

Selon le futur ministre, les attentats de Paris, qui s’inscrivent "directement" dans le contexte de la crise migratoire et des bombardements français des positions du groupe Etat islamique, marquent la nécessité de "revoir la politique européenne face à la crise migratoire." "La Pologne doit garder le contrôle complet de ses frontières, ainsi que de sa politique d’asile et de migrations", a insisté M. Szymanski.

Une condition: la sécurité

Interrogé sur ses propos au moment où il venait déposer une gerbe devant l’ambassade de France à Varsovie, M. Szymanski a déclaré que la Pologne accepterait les immigrés "si on a des garanties de sécurité. C’est la condition-clé qui vient d’être grandement remise en question à travers l’Europe entière."

Par ailleurs, Witold Waszczykowski, le futur ministre des Affaires étrangères a estimé qu’il fallait désormais "approcher de manière différente la communauté musulmane qui vit en Europe et qui hait ce continent, qui veut le détruire." Il a attaqué la politique européenne d’ouverture prônée, selon lui, par les mouvements politiques de gauche. "C’est une voie sans issue", a-t-il déclaré, cité par l’agence PAP.

Un pays qui ne voulait pas des réfugiés

La Pologne, pays de 38 millions d’habitants, a accueilli jusqu’à présent environ 200 migrants chrétiens syriens, amenés par une fondation privée. Le gouvernement libéral sortant avait déclaré qu’il pourrait accepter plus de réfugiés que ce que lui proposait l’UE (9.287), mais sans donner leur nombre exact. Le chef des conservateurs de Droit et Justice (PiS) victorieux des législatives, Jaroslaw Kaczynski (photo), s’était toujours vigoureusement prononcé contre l’accueil des immigrés, proposant en échange une aide financière aux pays où ils se trouvent. Mi-octobre, jouant sur la peur de maladies que pourraient d’après lui apporter les migrants, il a parlé de "choléra qui sévit déjà dans les îles grecques", de "dysenterie à Vienne", ou encore de "toutes sortes de parasites qui, chez ces gens, peuvent ne pas être dangereux mais peuvent l’être pour les populations locales."

Radio Vatican


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