Ce jeudi 26 novembre, lors d’une conférence de presse, le premier ministre Charles Michel a annoncé que le niveau d’alerte relatif à la menace terroriste était réduit d’un cran à Bruxelles. On est en effet repassé du niveau 4, qui correspond à une menace «sérieuse et imminente», au niveau 3, qui indique une menace «possible et vraisemblable». Toute la Belgique se situe donc à nouveau au niveau 3.
Cette décision émane de l’OCAM, l’Organe de coordination pour l’analyse de la menace en Belgique, qui prend ce type de décisions relatif à la menace terroriste de manière indépendante, à partir des informations qu’elle recueille en provenance de 7 différentes sources de renseignement, dont le parquet fédéral.
Ce n’est donc pas le gouvernement fédéral qui décide du niveau de la menace. Celui-ci est seulement qualifié pour prendre les mesures de sécurité qu’il juge nécessaire pour faire face au degré de menace indiqué par l’OCAM.
Après cette réévaluation de la menace, quelles seront donc désormais les mesures de sécurité en vigueur? Comme l’a indiqué Charles Michel hier soir, ces mesures seront adaptées à la nouvelle situation.
Tout d’abord, la présence des policiers et des militaires dans la capitale sera maintenue, mais progressivement réduite, en fonction des informations qui parviennent aux autorités. En ce qui concerne les grands événements, tels les concerts ou les manifestations sportives: pas de décision générale, mais la décision de maintenir, de reporter, ou d’annuler un événement sera prise au cas par cas.
Autre mesure, les transports en commun bruxellois ont été entièrement rouverts depuis ce matin à 6h, mais ils restent sous surveillance policière jusqu’à nouvel ordre. Et enfin, le numéro de téléphone 17 71, qui permet de joindre le centre de crise, reste accessible au public.
Manque de cohérence et de communication?
Cette décision intervient au moment où de nombreuses personnes reprochent aux autorités un manque de cohérence et de clarté dans la gestion de la menace terroriste.
Si tout le monde au sein des services de sécurité s’accorde à dire que le passage au niveau 4 de la menace samedi dernier, à Bruxelles, était justifié, certains relèvent par contre un certain manque de clarté dans la gestion de la crise les jours suivants.
D’un côté, on comprend que, pour les besoins des enquêtes en cours, une grande discrétion ait été observée sur les opérations menées à différents endroits, en Belgique, ces derniers jours. Mais d’un autre côté, on s’étonne alors du fait qu’un Didier Reynders, ministre des Affaires étrangères, ou Jan Jambon, ministre de l’Intérieur, fournisse certaines précisions, à des médias étrangers notamment, comme le nombre de personnes recherchées, alors que la population belge attend la suite des événements avec une inquiétude certaine.
Par ailleurs, si la baisse du niveau de la menace à Bruxelles est, en soi, une nouvelle rassurante, on s’interroge malgré tout sur les raisons de cette décision, alors que les opérations de police des derniers jours ne semblent pas avoir mené à des arrestations importantes, ou par exemple, à la découverte de caches d’armes ou d’explosifs. Quant aux déclarations relatives à un attentat qui aurait été déjoué dimanche, certaines sources sécuritaires mettent sérieusement en doute cette information.
Bref, on peut avoir l’impression que l’on en fait, ou que l’on en dit trop, ou au contraire pas assez. Une plus grande cohérence dans la communication des autorités serait donc la bienvenue. Cela dit, ce problème de communication est également inhérent à la problématique elle-même, puisque les personnes susceptibles d’être recherchées doivent en savoir le moins possible sur les enquêtes en cours. On peut supposer que, le moment venu, des infirmations plus circonstanciées soient communiquées à la population. Tout en espérant, bien sûr, qu’aucun attentat soit à déplorer dans le futur.
Photo: (c) Reuters - François Lenoir


