Les réactions internationales n'ont pas tardé après les attentats commis vendredi 13 novembre à Paris, dont celle du pape François qui s'est dit "bouleversé et empli de douleur".
François a envoyé un télégramme de condoléances au cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris. Le pape François se déclare "bouleversé et empli de douleur". Il exprime son incompréhension face à "des actes commis par des êtres humains et qui ne peuvent être justifiés ni par des raisons religieuses ni humaines." Il rappelle sa proximité avec le peuple français "tant aimé", et avec l’ensemble des victimes, les assurant de sa prière.
Les attaques terroristes qui ont frappé Paris et Saint-Denis vendredi 13 novembre au soir, ont bien évidemment eu une répercussion mondiale. Les réactions et les condamnations ont afflué au fur et à mesure que les nouvelles arrivaient. Après le pape, qui a été immédiatement tenu au courant de ce qui s’est passé, le père Lombardi, directeur de la salle de presse du Saint-Siège, a confié que tous au Vatican étaient bouleversés "par cette nouvelle manifestation de folles violences et de haine."
Vive émotion également en France parmi l’Eglise catholique. Mgr Olivier Ribadeau Dumas, secrétaire général et porte-parole de la Conférence des évêques de France a réagi samedi matin sur les antennes de Radio Vatican. Ailleurs dans le monde, la plupart des pays sont unanimes pour condamner les attaques de vendredi. A commencer par le président américain. Barack Obama considère que ce n’est pas seulement une attaque contre Paris mais une attaque contre toute l’humanité et nos valeurs universelles. Ban Ki Moon, secrétaire général des Nations Unies, dénonce des attaques "terroristes méprisables" et se tient au côté du gouvernement et du peuple français. Les quinze membres du Conseil permanent de l’ONU condamnent des attaques "lâches et barbares". Vladimir Poutine, le président russe, parle d’assassinats inhumains et se dit prêt à apporter toute son aide dans «l’enquête sur ces crimes terroristes». Le président iranien, Hassan Rohani, qui devait commencer ce samedi une visite en Europe et rencontrer le pape dans l’après-midi, a reporté son voyage face à la situation et a lui aussi parler de «crimes contre l’humanité». Choc également en Chine et colère au Japon.
Tous les dirigeants européens ont aussi exprimé très tôt leur stupeur et leur solidarité avec la France qui "est en première ligne dans la lutte contre le terrorisme. Mais elle n'est pas seule. Ce combat est le combat de tous les Européens, et de tous les peuples du monde libre", comme l’a estimé le président du Conseil européen, Donald Tusk. Le ministre allemande des Affaires étrangères, Frank Walter Steinmeier, s’est dit "horrifié et bouleversé". "Nous sommes aux côtés de la France", une expression au sens propre et au sens figuré puisqu’il se trouvait au stade de France avec François Hollande lors du match amical de vendredi soir lorsqu’une bombe a explosé. Le chef du gouvernement italien Matteo Renzi affirme que "l’Italie est avec ses frères français après l’atroce attaque contre Paris et contre l’Europe. L’Europe touchée au cœur, saura réagir à la barbarie".
Réaction belge
Le Premier ministre belge Charles Michel a tenu à exprimer son soutien à la France. "Nous sommes sous le choc, il s’est passé ce que l’on redoutait. Pour la première fois, il y a un acte qui est massif et qui vise à assassiner à l’aveugle des personnes totalement innocentes. Nous sommes totalement mobilisés, j’ai parlé il y a quelques instants avec le président François Hollande et nous coopérons totalement ensemble. J’ai également affirmé, au nom de la Belgique, tout le soutien que nous voulons apporter à la France." Charles Michel n'a pas confirmé ou infirmé que des terroristes auraient été transportés par un véhicule équipé d’une plaque belge. "Une enquête est en cours, je ne confirme rien pour le moment. Il y a même des informations de police qui sont en cours à Paris. Nous allons continuer à collaborer avec la France à tous les niveaux."
Pour lui, il ne faut surtout pas céder à la panique. "Il ne faut pas céder à la peur. C’est le piège des terroristes: ils veulent semer la peur. Soyons lucides, soyons vigilants. Le risque zéro n’existe malheureusement pas mais nous pouvons travailler pour améliorer les protections." Le gouvernement fédéral a pris une série de premières décisions pour élever le niveau de sécurité en Belgique. Un message a été adressé à l’ensemble des zones de police locales. Elles vont élever leur niveau de vigilance. "Les polices locales vont relever l’ensemble des mesures de sécurité, particulièrement pour les événements publics", a déclaré le Premier ministre. "Cela signifie concrètement que dans certaines circonstances, des fouilles, parfois systématiques, vont être organisées à l’entrée d’un certain nombre d’événements." Et Charles Michel d'ajouter: "Je lance un appel à ne pas tomber dans le piège de la peur. Tous les démocrates doivent se tenir debout face au terrorisme."
La police fédérale va participer, aux côtés de la police française, à la surveillance des frontières de la France. Les frontières terrestres sont concernées, mais aussi les départs vers la France depuis des aéroports et des gares. Enfin, le gouvernement fédéral belge a adressé un message aux citoyens belges: "Evitez de vous rendre à Paris, si cela n’est pas indispensable", a indiqué Charles Michel samedi matin.
Pour l'instant, l’OCAM (l’Organe de Coordination pour l’Analyse de la Menace) n’a pas relevé le niveau d’alerte en Belgique, il continue d’évaluer la situation, et adaptera sa conclusion si cela est nécessaire.
Réseaux sociaux et manifestations de solidarité
Sur les réseaux sociaux, les réactions sont innombrables que ce soit sur Facebook ou sur Twitter, qui pour rassurer ses proches, qui pour en demander, qui pour partager ses sentiments.
Il y a aussi des manifestations de solidarité avec les Français comme à Montréal où, décalage horaire oblige, en fin d’après-midi, environ 500 personnes se sont retrouvées devant le consulat de France en présence notamment du maire de la ville.
Autre signe de solidarité, à Toronto, la tour CN a été illuminée en bleu blanc rouge. A New York, l’antenne de la plus haute tour du nouveau World Trade Center a elle aussi été illuminé en bleu blanc rouge et l’Empire State Building a lui, éteint ses lumières en soutien à Paris.
J.J.D.
