Le film "L'Homme qui répare les femmes", qui relate l'œuvre du célèbre chirurgien Denis Mukwege, sera finalement autorisé en République Démocratique du Congo. Sa diffusion était suspendue depuis plus d'un mois.
Sorti en Europe au printemps, le film de Thierry Michel et de la journaliste Colette Braeckman était jusque là interdit de diffusion en RDC. Début septembre, alors que le film devait être projeté à l'Institut français de Kinshasa, le gouvernement congolais avait en effet annoncé l'avoir interdit au prétexte que ce documentaire, récompensé par plusieurs prix internationaux, témoignait d'une "volonté manifeste de nuire" à l'armée congolaise et de "salir" son image.
Lambert Mende, ministre de la Communication et des Médias et porte-parole du gouvernement congolais, avait accusé le réalisateur de faire mentir dans son commentaire les témoignages de personnes apparaissant à l'écran. Le Dr Mukwege, y avait vu pour sa part un signe du "climat d'oppression" qui règne en RDC à l'approche d'échéances électorales importantes.
Un film "utile"
Mais le 19 octobre dernier, le gouvernement s'est ravisé et relève aujourd’hui l'"utilité" du film ("par-delà" la traduction litigieuse d'un de ses passages) pour accompagner "les efforts de la République démocratique du Congo et de la communauté internationale" à lutter contre le fléau des violences sexuelles.
Sous-titré "La Colère d'Hippocrate", "L'Homme qui répare les femmes" montre le combat du Dr Mukwege dans son hôpital de Panzi, à Bukavu, capitale du Sud-Kivu. Dans cette institution qu'il a créée en 1999, le Dr Mukwege (lauréat en 2014 du Prix Sakharov pour les droits de l'Homme du Parlement européen), aide à se reconstruire les femmes victimes de viols accompagnés de violences sauvages commis à grande échelle dans l'est de la RDC depuis une quinzaine d'années, d'abord pendant la deuxième guerre du Congo (1998-2003), puis au cours des différents conflits armés qui se succèdent ou se superposent dans cette région.


