Le décret officialisant le cours de philosophie et de citoyenneté a été voté le 21 octobre. Mais il pose de nombreuses questions, d'autant que le cours n'est pas prêt.
Le cours de citoyenneté a été approuvé par le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB), le 21 octobre dernier. Un cours à ne pas confondre avec ce qu'on a appelé ironiquement le "cours de rien", en réalité l'encadrement pédagogique alternatif (EPA) qui est proposé depuis septembre. C'est bien d'un cours de philosophie et de citoyenneté dont on parle, qui sera proposé à tous les élèves de primaire dès 2016 et du secondaire dès 2017.
Des professeurs inquiets
Ce nouveau cours va provoquer des bouleversements dans les horaires, ce qui inquiète les représentants des professeurs. Mais, l'inquiétude porte surtout sur l'emploi. Selon le syndicat chrétien CSC, quelque 1.000 emplois de professeurs seraient menacés à long terme.
Actuellement, dans les écoles publiques officielles, les cours de religion sont donnés par environ 4.000 personnes, dont de nombreux enseignants à temps partiel. Le cours de citoyenneté va modifier les horaires, rapprocher les cursus des élèves. Il y aurait donc besoin de moins de personnes pour enseigner les cours philosophiques, affirme la CSC. Avec à la clé, selon le syndicat, un impact sur un quart des postes de professeurs de morale et de religion. De son côté, Joëlle Milquet, ministre de l'Enseignement obligatoire en FWB soutient qu'on ne touchera pas aux emplois existants.
Nouveau diplôme
Un autre problème surgit. Ce sont les actuels professeurs de religion et de morale qui enseigneront ce cours de citoyenneté. Ils pourront l'enseigner à titre provisoire, dès la rentrée 2016 en primaire, 2017 en secondaire, mais ils devront décrocher un titre officiel pour l’exercer dans les 5 ans. Si le cabinet de Joëlle Milquet affirme qu'il s'agit d'une sorte de mise en conformité, c'est bel et bien d'un diplôme à passer dont on parle, auquel s'ajoute une formation spécifique à la neutralité. Bref, tout cela ressemble fort à de l'improvisation. Regrettable, car c'est d'éducation dont on parle…
J.J.D.
