La crise des réfugiés n'a décidément pas fini de diviser sur le plan politique. La N-VA continue de multiplier les dérapages, qui se rapprochent parfois dangereusement des discours d'extrême droite, inquiètent un certain nombre de citoyens. Mais pas tous…
La N-VA profiterait-elle de la crise des réfugiés pour tenir des propos très à droite et espérer ainsi flatter les anciens électeurs du Vlaams Belang qui ont décidé, aux dernières élections, de soutenir le parti de Bart de Wever? Beaucoup le pensent mais les propos durs du parti nationaliste flamand à l'encontre du statut et des droits des étrangers ne sont tout de même pas perçus négativement par tous les experts.
Mardi 22 septembre à la faculté de science politique de Gand, après que Bart de Wever ait émis l'idée de vouloir réviser la Convention de Genève qui cadre la protection des victimes de conflits armés, le professeur de sociologie à l'ULB, Dirk Jacobs, a affirmé que le parti de Bart de Wever avait glissé trop à droite. "Erratum", avait-il écrit mardi sur le réseau social Twitter, "J'ai souvent argumenté dans mes écrits académiques que la N-VA n'était pas un parti d'extrême droite. J'avais tort. Mes excuses."
Selon nos confrères de La Libre, le sociologue a rappelé que certes, les propos racistes et xénophobes de la N-VA et de son président avaient souvent dérangé mais cette fois-ci la ligne à ne pas franchir l'a bel et bien été. "Quand on met en question le droit international, la Convention de Genève ou la loi contre les discriminations, il s'agit d'attaques en règle contre les droits fondamentaux et le principe de l'Etat de droit en tant qu'élément-clé de la démocratie", a insisté Dirk Jacobs. "Désormais, la N-VA est à classifier comme un parti d'extrême droite", a-t-il martelé, invitant le gouvernement Michel à se remettre en question sur sa volonté de continuer à gouverner avec à son bord un tel parti.
A droite, oui, mais pas trop
L'avis d'un basculement vers l'extrême droite n'est toutefois pas partagé à l'unanimité. Dave Sinadret, professeur de sciences politiques à la VUB et à l'université de Saint-Louis estime que la N-VA ne pratique pas l'autoritarisme ni l'antiparlementariste comme le prédit l'idéologie d'un mouvement extrémiste de droite. Le professeur flamand ne nie toutefois pas une attitude de plus en plus à droite adoptée par Bart de Wever. Son avis est partagé par Manuel Abramowicz qui émet l'hypothèse qu'au sein du parti, il existe "un courant d'extrême droite qui avance de manière masquée". Quant à Pascal Delwit, professeur de sciences politiques à l'ULB, il considère que malgré le nationalisme, "la N-VA est loin de plusieurs éléments qui définissent l'extrême droite". Selon lui, la N-VA ne remet pas en cause la démocratie et n'est pas non plus antisystème.
S.T.
