Sant’Egidio : La paix est toujours possible


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Sant’Egidio : La paix est toujours possible
Par Anne-Françoise de Beaudrap
Publié le - Modifié le
3 min

Sant'Egidio à Tirana

Quelque 400 responsables des grandes religions du monde et des représentants du monde de la culture, de la politique et de la diplomatie ont discuté pendant trois jours lors d'une rencontre initiée par Sant'Egidio à Tirana, la capitale de l’Albanie. La crise humanitaire aux frontières de l’Europe, les conflits au Moyen-Orient et en Afrique et la crise écologique étaient au cœur de l’agenda.

Tirana_2015__Cerimonia_Finale_5"La paix est toujours possible – Religions et cultures en dialogue", c'était le titre de la rencontre internationale qui s'est déroulée du 6 au 8 septembre dans la capitale albanaise, Tirana. Cet ancien pays communiste, où l’athéisme d’état était en vigueur, est un laboratoire intéressant du vivre ensemble entre musulmans et chrétiens. Ce vivre ensemble est aujourd’hui mis sous pression: beaucoup de "combattants étrangers" de l’état islamique proviennent de ce pays, et l’auteur de l’agression armée dans le Thalys est passé par Tirana lors de son trajet de la Syrie vers l’Europe occidentale. Ce petit pays des Balkans est aujourd’hui candidat potentiel à l’adhésion à l’Union européenne.

Malgré tout, l'optimisme reste de mise comme le révélait Marco Impagliazzo, président de Sant’Egidio: "Nous sommes convaincus que la paix est toujours possible. Nous devons combattre avec force le pessimisme qui entoure tant de conflits contemporains, qui laisse penser qu’il n’y a aucune solution possible. En ce qui concerne les flux de migration en direction de l’Europe, nous savons que nous devons investir davantage dans la paix. L’expérience de Sant’Egidio de ces dernières années nous montre qu’il est toujours possible de faire plus qu’on ne le pense habituellement."

Aux frontières de l'Europe

Sur ces questions d'actualité, Sant’Egidio travaille à chercher une solution diplomatique au conflit en Syrie, y compris au travers de la campagne #SaveAleppo, et pour la protection des chrétiens et des autres minorités. En ce qui concerne le flux de réfugiés, les communautés de Sant’Egidio procurent de l’aide aux frontières de l’Europe, principalement aujourd’hui en Italie et en Hongrie.

A l’occasion de l'ouverture de cette rencontre interreligieuse pour la paix, le pape François a évoqué l’esprit de la rencontre d’Assise de 1986. "Alors que les peuples sont appelés à se confronter à des transformations profondes et parfois dramatiques, s’impose toujours plus la nécessité que les fidèles des différentes religions se rencontrent, dialoguent, cheminent ensemble et collaborent pour la paix." Dans la suite de son message, François évoque les situations dramatiques de ces réfugiés: "C’est une violence de rejeter celui qui fuit des conditions inhumaines dans l’espérance d’un futur meilleur. C’est une violence d’écarter les enfants et les personnes âgées de la société et de la vie même. C’est une violence d’élargir le fossé entre celui qui gaspille le superflu et celui qui manque du nécessaire."

Parrainer les réfugiés

Pour répondre à l’appel du pape ("Que chaque paroisse accueille une famille de réfugiés"), le fondateur de la Communauté de Sant’Egidio, Andrea Riccardi, a lancé une proposition pour aider à l'intégration des réfugiés et leur permettre de terminer leurs voyages périlleux d'outremers: "Tenant compte de la volonté de beaucoup de citoyens, associations et familles qui veulent accueillir des réfugiés, nous proposons – au nom de tous les leaders religieux présents ici à Tirana – d' introduire dans les systèmes législatifs la politique de patronage. L’idée est de permettre aux citoyens, associations, paroisses et organisations européennes de prendre la responsabilité des demandas d’asile et d’offrir l’hospitalité à ceux qui sont déjà arrivés et aussi d’inviter des individus et des familles directement des zones dangereux."

Prière pour la paix AbidjanPlusieurs personnalités belges ont participé à la rencontre internationale de Tirana: Mgr Jean-Pierre Delville, Johan Bonny et Leon Lemmens, ainsi que le Métropolite orthodoxe Athenagoras Peckstadt, le grand Rabbin de Bruxelles Albert Guigui, l’évêque anglican Robert Innes et Mohammed Achaibi, le vice-président de l’Exécutif des Musulmans. Ce même esprit d'Assise régnait aussi dimanche 6 septembre sur Abidjan (Côte d'Ivoire) où des religieux priaient pour la paix. "Le monde a besoin de paix, pas de guerres", ont-ils conclu.

A.-F. de Beaudrap

Photos: Source Sant'Egidio


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