La mémoire d’une minorité chrétienne sauvegardée


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La mémoire d’une minorité chrétienne sauvegardée
Par La rédaction
Publié le - Modifié le
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manuscrits_MossoulUn père dominicain a sauvé une importante collection de manuscrits chrétiens des mains destructrices de l'Etat islamique.

"Daech veut effacer toutes les traces de la Mésopotamie. Nous voulons faire le contraire", a affirmé à La Libre le père Najeeb Michaell. Formé en France, le dominicain a numérisé des centaines de manuscrits de la bibliothèque des dominicains de Mossoul et de Qaragosh.

"J’ai voulu sauver les gens et leur histoire", a confié le père irakien. "Un peuple sans histoire, c’est un peuple mort", a-t-il ajouté. En août de l'année dernière, alors que les extrémistes de Daech encerclaient la ville de Qaraqosh, père Najeeb avait emporté dans son coffre les derniers documents qu'il avait pu sauver. Depuis vingt-cinq ans, le dominicain numérise les manuscrits orientaux, confectionnant ainsi une collection inestimable, véritable mémoire chrétienne composée de récits et de plus de 10.000 photos. Ces trésors sont les fruits de tout ce que les prêtres ont possédé au fil des années, depuis la fondation du séminaire Saint-Jean à Mossoul en 1879.

Un patrimoine riche de 8.000 documents

"C’est un travail de bénédictin réalisé par un dominicain", plaisante le père Najeeb, qui explique comment des moines bénédictins du Minnesota les ont encouragés à poursuivre le travail de sauvegarde en leur apportant un coup de pouce financier. Pour mettre la main sur un plus large panel de manuscrits, l'équipe du père Najeeb a dû faire preuve de patience et aligner les arguments pour convaincre les églises d'Orient d'emprunter leurs ouvrages et les numériser.

Avant que les pages ne soient numérisées une par une, chaque livre est d'abord minutieusement nettoyé et les pages abîmées sont restaurées. "Un manuscrit caché, c’est un manuscrit mort. Une fois numérisé, il devient immortel", assure le père Najeeb.

C'est ainsi que les dominicains de Mossoul ont fondé en 1990 le Centre numérique des manuscrits orientaux, le Cemo. A ce jour, environ 8.000 documents, pour la plupart syriaques, chaldéens et arméniens ont été sauvés, témoignant de la présence chrétienne entre le Tigre et l'Euphrate depuis deux mille ans.

Regardez à ce sujet le reportage réalisé par KTO.

S.T. (d'après La Libre et La Croix)

Photo: Capture d'écran KTO.


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