Les contenus à caractère pédopornographique, ainsi que le nombre de visiteurs, n'ont cessé d'augmenter au cours des dernières années. Aujourd'hui, les géants américains de l'internet ont décidé de s'unir pour lutter contre ce fléau.
Ce mardi 11 août 2015, L'Internet Watch Foundation (IWF), qui est basé à Histon (à proximité de Cambridge en Angleterre), a annoncé qu'il unissait ses forces avec Google, Microsoft, Twitter, Facebook et Yahoo pour utiliser un système permettant d’identifier et de bloquer les images pédopornographiques. Le dispositif implique le partage des listes d'images indécentes ou d'abus avec les entreprises du web pour protéger leurs clients et venir en aide aux victimes.
Une progression alarmante
En février 2015, le quotidien français Le Figaro révélait des chiffres pour le moins inquiétant provenant de l'Association des fournisseurs d'accès (AFA). Celle-ci avait enregistré "une hausse de 100% des signalements de contenus pédopornographiques en 2014, davantage que pour les contenus terroristes". L'AFA annonçait que le nombre de contenus pédopornographiques retiré du web (1094) avait doublé en un an. Toujours en France, une plateforme commune, baptisée Point de Contact, avait reçu l'an dernier près de 3000 signalements pour ce type de contenu. Au niveau mondial, l'ONU estimait en 2009 que 750.000 personnes consultaient simultanément des sites pédopornographiques (source: Slate.fr).
Il y a dix ans, la journaliste italienne Mariangela Berretti signait un article dans lequel elle montrait que les sites ou images à caractère pédophile sur Internet progressaient constamment (approximativement 17.000 sites en 2003 contre 10.000 l'année précédente). Parmi ces 17.000 sites, 10.000 étaient identifiés à partir des Etats-Unis. C'est le signe que la lutte contre ces actes criminels doit être menée depuis ce pays qui détient également le haut du tableau en matière de production et de diffusion de contenu général sur Internet. L'article de Mariangela Berretti relevait encore que, "de 2003 à 2004, les pays où fut enregistrée la progression la plus importante de nouveaux sites pédophiles furent la Suisse (14 600 %), le Japon (917,57 %) et l’Australie (634,09 %)".
Internet, le terrain idéal des pédophiles
Les pédophiles utilisent Internet de deux manières : ils se procurent sur des sites du matériel à caractère pédophile et dans les chatbox, ils essayent, sous une fausse identité, d'entrer en contact avec des mineurs. Ces chatbox leur permettent d'y poser des questions osées de manière inaperçue, surtout s'ils adaptent leur langage à celui de leur public cible. (Source: département justice du portail Belgium.be) Pour un pédophile, Internet est un moyen économique et facile, lui évitant toutes sortes de dépenses en photos, vidéos et autres. Mais Internet permet aussi à la police de dépister plus facilement les pédophiles.
Le partage des listes par les principaux acteurs des moteurs de recherche et des réseaux sociaux devrait dorénavant permettre d'identifier beaucoup plus rapidement les images de victimes et de les éliminer avant qu'elles ne soient partagées et stockées plus largement. Des analystes de l'Internet Watch Foudation attribueront une "marque digitale" aux images inappropriées, donnant ainsi la possibilité aux entreprises associées au projet de les filtrer ou d'en bloquer l'accès pour leurs internautes. Susie Hargreaves, la présidente de IWF, déclare dans un communiqué que ce nouveau système pourrait "changer la donne" dans la lutte contre la pornographie infantile.
Manu VAN LIER (avec Belga et le Figaro) - photo: Image d'une campagne de lutte contre la pornographie infantine, menée par les professeurs Hamilton et Griffin aux Etats-Unis (hamilton-griffin.com)
