Doyenne des cathédrales gothiques dans le monde, Notre-Dame de Strasbourg attire chaque année 4 millions de visiteurs. Et cache encore quelques secrets…
L’Alsace et sa capitale Strasbourg figurent parmi les destinations préférées des Belges. Et cette année 2015 offre un prétexte idéal pour (re)découvrir cette région aux multiples richesses. En effet, la cathédrale de Strasbourg fête ses mille ans! Plus précisément les mille ans de sa fondation. Le Vatican lui-même a salué cet anniversaire puisqu'à l’occasion de l’Assomption, un office pontifical a été présidé au nom du pape François par le cardinal Paul Poupard, président émérite du Conseil pontifical de la Culture. Un événement parmi les très nombreuses festivités autour de cet anniversaire qui se poursuivront encore. C’est ainsi que depuis le début de l’été, le spectacle inédit "1015 - 2015: la cathédrale de toute éternité" propose tous les soirs (jusqu’au 20 septembre), un voyage dans le temps grâce à des projections époustouflantes sur les façades orientales et méridionales de l’édifice. Une prouesse technologique signée par la compagnie Skertzò qui permet de faire réapparaître la couleur qui ornait autrefois les sculptures et de souligner le gigantisme de la cathédrale. De fait, ses dimensions sont impressionnantes, avec sa flèche qui culmine à 142 mètres (ce fut la plus haute tour du monde chrétien jusqu’en 1874), ses 50 mètres de large, et ses plus de 6.000 m² de surface. Pas étonnant que la construction de ce joyau gothique ait pris trois siècles. Démarrée en 1015, avec des fondations uniques au monde (un socle de limon et d’argile renforcé par des pieux en bois enfoncés dans la nappe phréatique), la cathédrale a été dévastée par un incendie en 1176. On va alors la reconstruire, sur des bases romanes d’abord puis sur le modèle de Notre-Dame de Paris, avec deux tours carrées. Plus tard le beffroi a comblé le vide entre les deux tours, et l’on a ajouté un clocher et une flèche sur la tour nord. Mais la seconde tour à flèche n’a jamais abouti.
Temple protestant puis de la Raison
Catholique, la cathédrale de Strasbourg ne l’a pas toujours été… Elle fut en effet un lieu de culte protestant durant plus de 150 ans. De 1518, lorsque les thèses critiques de Luther ont été affichées sur ses portes, à 1679 quand Louis XIV mit un terme à la domination protestante à Strasbourg, après s’être emparé de la ville (guerre de Trente Ans). Et de 1793 à 1795, lors de la Révolution française, on en fit le temple de Culte et de la Raison, en l’affublant d’un bonnet phrygien géant sur le clocher. Cela eut au moins le mérite de sauver la flèche, mise en procès devant un tribunal révolutionnaire car sa hauteur faisait «injure à l’égalité».
Horloge astronomique, rayon vert et autres trésors
La notoriété de la cathédrale de Strasbourg passe aussi par son horloge astronomique. Son jeu d’automates (visible tous les jours à 12h30) attire trois millions de curieux chaque année. Mais tout aussi exceptionnels sont ses vitraux, quasiment tous d’origine. Et l’un d’eux (la représentation du patriarche Juda) est à l’origine d’un étrange phénomène qui se produit deux fois par an, lors des équinoxes du printemps et de l’automne. Il s’agit d’un rayon vert qui se projette sur la chaire, au-dessus de la tête d’une statue du Christ. Le phénomène n’a été découvert qu’en 1972. Le vitrail «miraculeux» avait pourtant été installé un siècle plus tôt. Par ailleurs, la cathédrale de Strasbourg recèle le plus riche ensemble de cloches de France (avec un système de double sonnerie unique en Europe) dont le grand bourdon, vieux de près de six siècles, et la Zehnerglock, la cloche de dix heures, qui, pour bon nombre de Strasbourgeois, reste «la cloche des Juifs» qui rappelle l’époque où les Juifs étaient chassés de la ville à la fin de la journée.
P.G.
Photo © tourisme-alsace.com

