Face à la crise humanitaire et l'accueil des migrants et des demandeurs d'asile en Belgique, les CPAS ont interpellé mercredi 19 août le gouvernement fédéral. Ils réclament des moyens financiers et de fonctionnement adéquats pour mener à bien les missions d'accueil et d'accompagnement dont ils sont responsables.
De plus en plus de missions sont assignées aux CPAS qui ne sont plus capables d'assumer financièrement. La sonnette d'alarme a déjà été tirée depuis longtemps mais les moyens continuent de manquer. Mercredi, les Centres publics d'aide sociale wallons ont interpellé en front commun le gouvernement fédéral en lui réclamant davantage de moyens financiers et de fonctionnement pour assurer l'accueil exponentiel des migrants et des demandeurs d'asile.
Partenaires de l'agence fédérale Fedasil pour l'accueil des demandeurs d'asile, les CPAS ont en outre le devoir d'octroyer le cas échéant le droit à l'aide ou à l'intégration sociale. Ils craignent une augmentation massive et soudaine de nouveaux bénéficiaires. "Le flux actuel des demandeurs d’asile comprend essentiellement des nationalités avec un haut taux de chance d’obtenir un titre de séjour, ce qui leur ouvrira le droit à une aide sociale ou à un revenu d’intégration en cas de ressources insuffisantes", précise le communiqué.
Des fermetures locales amères
Quant à l'accueil des réfugiés, les centres publics ne manquent pas de saluer "les efforts en cours pour éviter une saturation du réseau d'accueil" mais regrettent toutefois "amèrement" les nombreuses fermetures de petites initiatives locales d'accueil qui ont été imposées depuis 2013 par le Fédéral. En juin dernier, pas moins de 200 places issues des initiatives locales d'accueil ont encore été fermées "alors qu'une crise de l'accueil était prévisible, même si son ampleur ne l'était pas", regrette la Fédération des CPAS dans leur communiqué. Elle rappelle par ailleurs l'inquiétude de l'ensemble des CPAS wallons face à l'accueil massif et en urgence d'immigrés et "la garantie d'un accompagnement de qualité".
A la suite de l'accélération des délais pour sortir du réseau d'accueil, les centres d'aide sociale craignent une crise du logement et une hausse du nombre de personnes sans abri. Pour les plus chanceux qui auront trouvé un logement, les CPAS rappellent au Fédéral qu'ils devront prendre en charge sur fonds propres les garanties locatives ainsi que les premiers loyers.
Outre le sous-financement dont ils font l'objet, les CPAS wallons manquent aussi de ressources humaines pour gérer dignement l'effort. Pour éviter un échec des politiques d'intégration, "les CPAS exhortent vivement le Secrétaire d’Etat à l’Asile et la Migration, Théo FRANCKEN, à engager très rapidement, en amont, une concertation avec le Ministre de l’Intégration Sociale, Willy BORSUS." Et d'insister: "c’est au Fédéral à dégager les solutions et les moyens adéquats, y compris en terme de fonctionnement, afin d’éviter qu’un tsunami social ne se produise".
S.T.
