Après de longues négociations qui ont duré toute la nuit, la Grèce et ses créanciers ont finalement trouvé un accord sur un éventuel troisième plan d'aide international à la Grèce, évitant le scénario du Grexit. Un accord de sauvetage qui impose toutefois des conditions draconiennes au gouvernement grec.
Ce lundi matin, le président du Conseil européen, Donald Tusk, s'est réjoui de pouvoir enfin annoncer un "Agreekment" entre la Grèce et ses créanciers. Pour le gouvernement d'Alexis Tsipras, l'heure est au rétablissement de la confiance. C'est pourquoi il devra agir sans tarder. L'accord obtenu avec les créanciers européens l'oblige, d'ici mercredi, à "rationaliser le système de TVA et élargir sa base pour augmenter ses revenus", à "améliorer la soutenabilité du système de retraites" et "assurer l'indépendance de l'institut statistique ELSTAT." Athènes devra également s'engager à mettre en place "une Autorité fiscale indépendante et un mécanisme de réduction automatique des dépenses en cas de ratage des objectifs budgétaires."
L'ensemble de ces mesures doivent impérativement être mises en place pour espérer commencer à discuter d'un plan d'aide pour sauver le pays. S'il veut obtenir un accord, le gouvernement grec doit aussi "sérieusement renforcer ses propositions de réformes", notamment concernant le régime des pensions et la privatisation de certaines entreprises publiques.
Et ce n'est pas tout… d'ici le 22 juillet, la Grèce doit également "adopter un code de procédure civile" et transposer en droit grec une directive sur le renflouement des banques.
Le vote du Parlement grec
A propos des nombreuses mesures que devra voter le Parlement grec ces 15 et 22 juillet, le Premier ministre belge Charles Michel s'est exprimé sur un ton rassurant: "ce ne sont pas des textes qui tombent du ciel, ce sont des dossiers discutés depuis des mois, parfois des années. Ils sont prêts, à la virgule. Le gouvernement grec s’était engagé à les voter... Nous en avons discuté avec le Premier ministre grec, ça se fera dans le plus grand respect des procédures parlementaires", a-t-il confié à nos confrères de la RTBF.
Dans l'accord négocié cette nuit à Bruxelles, il a également été convenu que le FMI continuera d'être associé au programme grec, y compris au-delà de l'échéance de mars 2016.
Une main tendue vers la Grèce selon Charles Michel
Après que ces nombreuses conditions aient été remplies par les autorités grecques, les créanciers pourraient entamer les négociations sur un troisième plan d'aide international. Ce dernier est évalué à 82-86 milliards de prêts en faveur de la Grèce, étalés sur trois ans.
"Ce plan, ce n'est pas de l'austérité. Il tend la main à une population et donne à un gouvernement la possibilité de prendre des décisions. La dimension humanitaire n'est pas visée", a conclu Charles Michel au micro de la RTBF.
S.T. (d'après AFP/RTBF)

