L’enquête sur la mort des moines de Tibhirine est relancée


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L’enquête sur la mort des moines de Tibhirine est relancée
Par Pierre Granier
Journaliste de CathoBel
Publié le - Modifié le
2 min

Selon les conclusions de l'expertise, les sept moines auraient été tués en Algérie un mois avant la revendication de leur assassinat par le GIA. De quoi accentuer le doute sur la version officielle des autorités algériennes.

tibhirineLe juge antiterroriste français Marc Trévidic a présenté hier, aux familles des victimes, les conclusions d’expertises qu'il a menées sur les crânes des sept moines assassinés (les corps n'ont jamais été retrouvés) et les photos. Il en ressort que la mort des religieux aurait eu lieu fin avril 1996, soit un mois avant le 21 mai 1996, date indiquée par le communiqué publié par le Groupe islamique armé algérien (GIA) dans lequel ce dernier revendiquait enlèvements et assassinats.
Autre élément troublant: les lésions observées sont "en faveur" ou "compatibles" avec une décapitation effectuée après la mort.
Cette expertise médico-légale accentue ainsi le doute sur la version officielle algérienne, qui accuse le GIA de l'assassinat des moines. Une version à laquelle les familles des victimes n’ont jamais cru. Celles-ci ont pensé depuis longtemps que l'assassinat des moines est une "bavure" de l'armée algérienne ou, pire, une exécution par les services secrets. Mais selon l'avocat des familles, Me Patrick Baudouin, l'absence d’impact de balles sur les têtes fragilise l'hypothèse d’une erreur de l’armée. Reste donc la thèse de l'exécution délibérée, telle que la soutient Karim Moulaï, un ancien agent du département du renseignement et de la sécurité algérienne, qui a témoigné que les sept moines avaient été exécutés à la fin avril 1996 par les services secrets algériens.

Le juge Trévidic passe le relais

La vérité arrivera-t-elle à percer un jour? Le juge Trévidic a certes qualifié ces résultats d'expertise "intéressants", mais cela reste encore insuffisant. Pour aller plus loin dans l’enquête, "pour avoir des certitudes", le magistrat a expliqué que la justice avait besoin qu'on ramène des prélèvements en France pour pouvoir les expertiser, ce que les autorités algériennes ne l’ont pas autorisé à faire.
Et si tant est que la situation se débloque, ce serait alors un autre juge qui devrait reprendre l'affaire. Le juge Trévidic a en effet été nommé au Tribunal de grande instance de Lille à partir de septembre 2015. Une mutation que regrettent beaucoup les familles qui avaient placé une grande confiance en ce juge affecté au pôle antiterroriste depuis dix ans. Elles craignent de voir l'enquête s'enliser…

P.G. (avec La Croix)


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