La Grèce se met l’Europe à dos


Partager
La Grèce se met l’Europe à dos
Par Manu Van Lier
Journaliste de CathoBel
Publié le - Modifié le
3 min

Drapeaux Grèce_EuropeAu lendemain du "non" exprimé par le peuple grec au cours d'un référendum attendu par l'Europe entière, le Premier ministre grec Alexis Tsipras reprend ses négociations avec plusieurs leaders européens.

Les observateurs européens peinent toujours à se prononcer sur l'éventualité d'une sortie de la Grèce de la zone Euro. "Avant même le référendum grec, l'agence de notation Standard & Poor's estimait déjà qu'un Grexit avait 50% de chance de se produire", rapporte Le Vif. Alors, qu'en est-il au lendemain du référendum? Rien ne semble véritablement joué. La RTBF annonce qu'Alexis Tsipras a réuni tous les partis ce lundi matin (sauf le parti fasciste Aube Dorée) pour se présenter unis devant les créanciers. Plusieurs rencontres et sommets ont été convoqués par les Européens pour "discuter de la situation" après ce scrutin et de l'avenir des discussions entre la Grèce et ses créanciers. Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a débuté ses consultations, notamment avec Jeroen Dijsselbloem, président de l'Eurogroupe; Donald Tusk, président du Conseil européen; et Mario Draghi, patron de la Banque centrale européenne (BCE).

Rencontre Hollande-Merkel

Angela Merkel et François Hollande se retrouveront dans la soirée à l'Elysée pour un dîner de travail destiné à "évaluer les conséquences du référendum", rapporte RTL. Mais la chancelière allemande n'a pas attendu cette rencontre pour envoyer un signal clair à Athènes par l'intermédiaire de son porte-parole, Steffen Seibert. Les "conditions pour des négociations autour d'un nouveau programme d'aide" ne sont pas réunies, a-t-il déclaré ce lundi. Le vote de dimanche "est un rejet du principe qui a guidé les aides aux pays (européens en difficulté), le principe selon lequel la solidarité et les efforts sont indissociables", a estimé M. Seibert. Le gouvernement allemand assure toutefois ne pas pousser la Grèce hors de la zone euro, mais considère que c'est à Athènes de bouger pour rester membre du bloc monétaire.

Démission du ministre grec des finances

Yanis Varoufakis, le ministre grec des Finances, a annoncé sa démission au lendemain de la victoire du non au référendum sur les propositions des créanciers d'Athènes, une décision interprétée comme un geste de conciliation d'Alexis Tsipras à l'écart des créanciers du pays. Son successeur a été nommé, il s'agit d'Euclide Tsakalotos, professeur d'économie de 55 ans, en charge des affaires économiques internationales. L'agence Belga le décrit comme "une personnalité beaucoup plus discrète que le décapant ministre sortant".

Agacement européen

Pour Anne Blanpain, journaliste RTBF, le scénario du pire (l’exclusion de la Grèce de la zone Europe) reprend vigueur. "Si les Européens suivent leur première intuition cela a plus de chance de se produire car les autres pays européens en ont ras-le-bol. C’était déjà le cas avec les partis Nouvelle Démocratie (droite) et avec le Pasoc socialiste. Mais avec Alexis Tsipras qu’ils considèrent comme un trublion, c’est encore pire." Une sortie de la Grèce serait dramatique non seulement pour la Grèce, mais aussi pour la zone euro jusqu’alors présentée comme indestructible.

Nouveau sommet de la zone euro
Aujourd'hui, plus encore que la semaine dernière, les créanciers attendent des réformes alors que la Grèce demande une restructuration de la dette. Des positions inconciliables? La réponse devrait se dessiner davantage lors d'un sommet de la zone euro prévu ce mardi à 18h à Bruxelles. Le Premier ministre grec y présentera "des propositions du gouvernement grec" visant à conclure un accord avec les créanciers, UE et FMI, a indiqué un bref communiqué du gouvernement grec. Ce sommet sera précédé d'une réunion des ministres des Finances des 19 (Eurogroupe).

MVL (avec agences)


Dans la même catégorie