Signature de l’Accord entre le Saint-Siège et l’Etat palestinien


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Signature de l’Accord entre le Saint-Siège et l’Etat palestinien
Par Pierre Granier
Journaliste de CathoBel
Publié le - Modifié le
4 min

vatican palestineAnnoncé mi-mai, c’est ce vendredi 26 juin qu’a été officiellement signé au Vatican l'accord global entre le Saint-Siège et l’Etat palestinien. Il est le fruit d'un travail mené par une commission bilatérale pendant 15 ans.

L’accord a été signé dans le Palais pontifical par le secrétaire pour les relations avec les Etats (ministre des Affaires étrangères), le prélat britannique Paul Richard Gallagher, et par le ministre palestinien des Affaires étrangères Riyad al-Maliki. Le texte «s’occupe des aspects essentiels de la vie et de l’activité de l’Eglise catholique en Palestine». Il s’agit de la liberté d’action de l’Eglise, de sa juridiction, du statut personnel, des lieux de culte, des activités sociales et caritatives de l’Eglise, de ses moyens de communication sociale, des questions fiscales et de propriété. Selon Mgr Antoine Camilleri, sous-secrétaire pour les rapports avec les Etats du Saint-Siège, présent à la signature ce vendredi, l’Accord exprime en particulier «le souhait de l’Eglise pour une solution à la question palestinienne et au conflit israélo-palestinien dans le contexte d’une solution à deux Etats et des résolutions de la communauté internationale, renvoyant à une entente entre les parties».

Une stimulation pour la paix

Dans son discours, Mgr Gallagher,secrétaire pour les Rapports avec les Etats, a exprimé le souhait que «l’Accord puisse d’une certaine manière être une stimulation pour mettre fin définitivement au conflit israélo-palestinien qui dure depuis des années et qui continue à causer des souffrances aux deux parties. J’espère, a-t-il continué, que la solution souhaitable des deux Etats devienne une réalité le plus tôt possible. Le processus de paix ne peut progresser qu'à travers la négociation entre les parties en présence et avec le soutien de la communauté internationale. Cela demande certainement des décisions courageuses», a-t-il reconnu.
Le chef de la diplomatie vaticane a précisé que «les catholiques ne veulent aucun privilège sinon celui de continuer à collaborer avec leurs concitoyens au bien de la société». Il a signalé aussi que «l’Eglise locale, qui a été impliquée dans les négociations, est satisfaite du résultat obtenu et qu’elle est heureuse de voir consolidés ses bons rapports avec les autorités civiles.»
Cet accord représente également «un bon exemple de dialogue et de collaboration» entre chrétiens et musulmans dans «le contexte complexe du Proche-Orient où, dans certains pays, les chrétiens ont souffert de persécutions», a ajouté Mgr Gallagher, saluant en particulier le chapitre consacré à la liberté religieuse et de conscience.
De son côté, M. al-Maliki a qualifié cet accord d'«historique», qui, a-t-il dit, «n’aurait pas été possible sans la bénédiction de Sa Sainteté, le pape François, à nos efforts pour y parvenir». Il contient «des clauses sans précédent qui portent sur le statut spécial de la Palestine comme lieu de naissance du christianisme et comme berceau des relations monothéistes», «encourage la présence et les activités de l’Eglise catholique dans l’Etat de Palestine» et garantit «le statut et la protection des lieux saints» chrétiens, a ajouté le ministre.

Fruit d'un long processus

Le parcours qui a mené à cet Accord global a été jalonné d’étapes importantes, comme le rappelle le père David Neuhaus, vicaire patriarcal pour la communauté catholique d’expression hébraïque d’Israël, dans les colonnes de la Civiltà cattolica, la revue des jésuites italiens. Paul VI a été le premier pape à affirmer en 1975 que les Palestiniens n’étaient pas un simple groupe de réfugiés mais un peuple. En 1987, pour la première fois, Jean-Paul II a nommé un arabe palestinien à la tête du patriarcat latin de Jérusalem. Mgr Michel Sabbah n’a cessé de dénoncer, sans détours, les souffrances endurées par son peuple à cause de l’occupation. Le chef de l’OLP, Yasser Arafat, a été reçu à plusieurs reprises au Vatican à partir de 1987.
Le Saint-Siège a ensuite établi des relations avec l’Etat d’Israël en 1993 et avec l’OLP en 1994. Dans l’Accord fondamental avec Israël, l’Eglise indique clairement qu’elle rejette toute interprétation religieuse pour justifier des ambitions territoriales. Puis il y a eu la visite de Jean-Paul II à Yad Vashem et au camp de réfugiés palestiniens d’Aida. A son tour, Benoît XVI a demandé que la solution de deux Etats devienne réalité et ne demeure pas un rêve. Enfin, comment oublier la rencontre historique et inédite des présidents israélien et palestinien dans les jardins du Vatican à l’invitation du pape François le 8 juin 2014, en la solennité de la Pentecôte.
L’Accord entrera en vigueur dès que les deux parties auront notifié par écrit que leurs dispositions constitutionnelles respectives ont été respectées. Même si le Vatican parle d'«Etat de Palestine» depuis début 2013, cette signature équivaut à «une reconnaissance de facto» de leur Etat, ce qui mécontente Israël. Le Vatican est le 136e pays à avoir reconnu l’Etat de Palestine.

P.G. (avec Radio Vatican)

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