Comme la Belgique, Mahinur Özdemir ne reconnaît pas le génocide arménien


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Comme la Belgique, Mahinur Özdemir ne reconnaît pas le génocide arménien
Par La rédaction
Publié le - Modifié le
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CaptureVendredi 29 mai, le CDH a exclu de son parti Mahinur Özdemir mettant en cause la non-reconnaissance par la députée bruxelloise du génocide arménien. Une exclusion qui crée la polémique au sein du Parlement dont la majorité planche actuellement sur la reconnaissance officielle, par la Belgique, du génocide arménien.

Tout a commencé le 28 mai dernier après que le vice-président du Parlement wallon, le CDH Maxime Prévot, ait affirmé, dans un reportage diffusé dans le JT de RTL, que tous les membres de son parti étaient tenus de reconnaître le génocide arménien. La chaîne de télévision privée avait alors tenté de rencontrer la députée d'origine turque, Mahinur Özdemir. Interpellée à maintes reprises, la députée n'a jamais voulu répondu aux questions des journalistes. Vendredi 29 mai, la députée régionale est alors convoquée par le Comité de déontologie, d'éthique et d'arbitrage du CDH pour qu'elle réaffirme "qu’elle reconnaît sans équivoque le génocide arménien, conformément à ce qui est stipulé dans le code de déontologie des candidats et Parlementaires CDH", rapporte un communiqué des Humanistes. Une affirmation que Mahinur Özdemir s'est refusée d'exprimer. Le parti a jugé cette absence de réaction comme "contraire aux valeurs défendues par le CDH", précise le communiqué et a donc exclu la députée d'origine turque.

"Ce n’est pas ma faute si la Belgique n’a pas encore reconnu le génocide arménien"

"Les règles belges et européennes priment", a affirmé Mahinur Özdemir, dont les propos ont été repris par le journal Le Soir. "Ma position est celle de la Belgique", a-t-elle répété ce lundi sur les ondes de Bel RTL. "Les génocides reconnus sont ceux reconnus par la Belgique et l’Europe. Et lorsque j’ai rencontré le CDH, j’ai réitéré mon engagement à ce code de déontologie", a-t-elle ajouté dans Le Soir. "Ce n’est pas ma faute si la Belgique n’a pas encore reconnu le génocide arménien", a-t-elle embrayé. L'élue bruxelloise estime que la procédure qui a mené à son éviction n’a pas été respectée. "Le comité de déontologie était censé me contacter dans les 48 heures en cas d’urgence. Je n’ai reçu aucune convocation. J’étais partie à la base pour rencontrer le secrétaire général du parti et là on me dit ‘tu dois signer un document sinon il y a le comité de déontologie qui t’attend’. On ne me prévient ni de mes droits ni du fait que je risque une sanction." Elle raconte qu'elle s'est "retrouvée devant un comité entaché d’irrégularités car le secrétaire général a assisté à ce comité de déontologie, ce qu’il ne peut pas faire." Mahinur Özdemir ne compte pas remettre ses mandats. "Je souscris totalement au règlement. Je n’ai pas fauté par rapport au code de déontologie. Je le dis et je le réitère."

La parlementaire a reçu le soutien d'une partie de la communauté turque. La représentation bruxelloise de l'AKP, le parti du président turc Erdogan, qualifie d'"injuste" l'éviction de la députée belge qui "porte atteinte à la liberté d'expression". Dans les colonnes de La Libre, l'AKP a dénoncé la manière de faire du CDH: "en tentant de pousser Mme Özdemir à signer un document de reconnaissance du génocide et en la renvoyant du parti après son refus, le CDH démontre qu’il ne respecte pas la liberté de conscience et d’expression des siens."

Bientôt une reconnaissance officielle?

En Belgique, seul le Sénat a qualifié les massacres historiques d'Arménie de "génocide". Cette prise de position, datant de 1998, n'a cependant pas été adoptée par La Chambre. Depuis, la reconnaissance de ce génocide semble avoir fait du chemin. En effet, en ce moment, les partis de la majorité fédérale (N-VA, MR, CD&V et Open VLD) planchent sur une résolution à déposer à la Chambre visant la reconnaissance du génocide arménien. Le texte ne sera toutefois pas débattu avant la fin de l'année, les partis signataires ne voulant pas précipiter la délibération. "Il y a aussi une volonté de respect des sensibilités des Turcs de Belgique, sans pour autant que l'on varie sur le fond", a insisté Denis Ducarme, le chef de groupe MR. "Le texte va être déposé sous peu", a-t-il ajouté ce matin sur les ondes de La Première. L'initiative vers une reconnaissance du génocide est donc antérieure à l'exclusion de la députée CDH Mahinur Özdemir et serait même antérieure à la polémique qu'avait provoqué, le 30 avril dernier, l'absence du député PS Emir Kir à la minute de silence pour commémorer le génocide arménien. Les partis cosignataires ont l'ambition d'ouvrir le texte à d'éventuelles signatures extérieures. Le CDH devrait notamment appuyer le texte, comme le confirme le député Georges Dallemagne dans les colonnes du Soir: "Le CDH pourrait certainement soutenir le texte de la majorité; cela va de soi puisque pour nous, il s'agit bien d'un génocide et que l'on souhaite qu'il n'y ait pas la moindre forme d'hésitation ou de négationnisme à cet égard." Le PS devrait lui aussi prendre position en faveur du texte.

S.T.

Photo: mahinurozdemir.be


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