Les finances des communes vont très mal en Belgique. L'union des Villes et des communes appelle le fédéral au secours.
Le problème n'est pas nouveau mais il se pose avec de plus en plus d'acuité. Il existe en Belgique 589 communes et beaucoup d'entre elles sont financièrement exsangues. Jacques Gobert, président de l’Union des Villes et des Communes de Wallonie, et les représentants de ses pendants bruxellois et flamand (Marc Cools et Mark Suykens) ont tiré la sonnette d'alarme lors d'une réunion de travail avec Charles Michel. La situation est telle que, a prévenu Jacques Gobert, "Si l’on ne fait rien, on assistera, dans un délai de deux ou trois ans, aux faillites de certaines entités." Une quarantaine de communes wallonnes sont déjà sous le monitoring du Centre régional d'aide aux communes.
Une demande d'intervention du fédéral pour les pensions
Sans vouloir dramatiser la situation actuelle, les représentants des Villes et des Communes ont surtout voulu insister sur les principaux problèmes qui font exploser leur budget. L'accueil par les CPAS des exclus du chômage, bien sûr, mais d'abord et surtout les pensions des agents des pouvoirs locaux. Leur financement est à l'entière charge des communes. Impossible à tenir dans la mesure où cette charge va fortement augmenter à l'avenir. D'ici 2018, les communes de Wallonie devront par exemple trouver 917 millions d'euros supplémentaires. Pour les mandataires locaux, tant wallons que flamands ou bruxellois, il est donc indispensable que le fédéral intervienne puisqu'il le fait déjà dans tous les régimes de pension, y compris dans celui des salariés et des indépendants.
Le poids des normes européennes
Autre gros morceau, le poids des normes budgétaires européennes dans les investissements publics. 40% d'entre eux sont assumés par les pouvoirs locaux, notamment les routes, les hôpitaux, les crèches… Or "ces investissements ne peuvent pas bénéficier d'un amortissement sur plusieurs années et sont donc comptabilisés dans le déficit budgétaire, engendrant là encore une pression insupportable", selon Marc Cools, échevin à Uccle.
Les représentants ont aussi exposé d'autres doléances, notamment le financement des zones de police que la commune assume à 60%. La dotation fédérale a baissé de 2% alors que le nombre de tâches à accomplir a augmenté, avec par exemple la lutte contre le radicalisme.
Enfin, si le gouvernement a renoncé à soumettre les intercommunales hospitalières et de distribution de l'eau à l'impôt sur les sociétés, c'est toujours le cas pour d'autres secteurs comme les crematoriums, les collectes de déchets ou les infrastructures sportives. Si le fédéral acceptait de les en exempter, ce serait une source d'économies non négligeables qui s'ajouterait à tous les efforts menés par les communes pour boucler leur budget.
P.G. (avec Le Soir)
