Le climat est houleux entre les députés N-VA Jan Jambon et Theo Francken et le député socialiste Emir Kir. Une plainte a été déposée par le SPF de l'Intérieur contre Emir Kir pour incitation à la rébellion dans un avion. Réagissant à une situation "indigne d'un Etat démocratique", Emir Kir estime qu'il n'a rien à se reprocher.
Le 12 mai dernier, le député-bourgmestre Emir Kir était intervenu lors de l'expulsion d'une ressortissante nigériane par les autorités belges. Alors qu'il était à bord de l'avion qui devait rapatrier la Nigériane vers la ville marocaine de Casablanca, le bourgmestre de Saint-Josse avait été frappé par les conditions inhumaines du rapatriement. "J’ai d’abord réagi en tant qu’homme, comme les autres passagers. Qu’on ait ou non des papiers, on reste un être humain. Nous avons réagi parce que nous étions confrontés à une violence physique et psychologique insupportables. Les cris de cette femme étaient insoutenables. Sans cette intervention, je ne sais pas comment les choses se seraient terminées", a confié le député socialiste à l'agence Belga. "Si c’était à refaire, je le referais", a-t-il affirmé, insistant sur le fait qu'une telle situation était "indigne d’un Etat démocratique".
Peu après l'incident, une plainte pour incitation à la rébellion dans un avion avait été déposée contre Emir Kir par le SPF Intérieur, à la demande de Jan Jambon, ministre de l'Intérieur et de Theo Francken, secrétaire d'Etat à l'Asile et à la Migration. "Cette réaction montre la logique de ce gouvernement, et en particulier de la N-VA, qui estime opportune l’utilisation de la violence pour des expulsions", a réagi Emir Kir. "On se battra jusqu’au bout contre ceux qui voudraient changer les règles du fonctionnement démocratique de la Belgique", a ajouté le député qui a affirmé son intention d'interpeller les deux ministres N-VA à la Chambre.
Une flatterie envers son électorat, selon la N-VA
Theo Francken livre, quant à lui, une autre version des faits. "M. Kir a sans doute fait ça pour flatter son électorat, mais je n’accepte pas ce comportement", a lancé le secrétaire d'Etat, dont les propos ont été repris par Sudpresse. "Si Monsieur Kir n’est pas d’accord avec la politique poursuivie en matière d’expulsions, qu’il trouve une majorité pour changer la loi!", a ajouté le député N-VA.
Des sources policières ont identifié le bourgmestre de Saint-Josse, à bord de l'avion le jour des faits, comme l'un des instigateurs de la révolte des passagers contre l'expulsion de la Nigériane, qui s'était mise à crier et à pleurer. Le mandataire socialiste concède qu'il s'est mêlé aux discussions, mais assure qu'il n'a rien à se reprocher.
S.T. (avec Belga/Le Soir/Sudpresse)

