A moins d'une semaine du début des élections générales au Burundi, l’Eglise catholique a annoncé jeudi son retrait du processus électoral. Un coup dur pour le président Pierre Nkurunziza, toujours contesté dans la rue plus d'un mois après avoir déclaré sa candidature à un troisième mandat.
Depuis le mois d'avril, le pouvoir burundais fait face à un vaste mouvement de contestation populaire, avec des manifestations quotidiennes dans les rues de Bujumbura, émaillées de nombreux affrontements avec la police. Les violences ont fait plus d'une trentaine de morts en un mois et ne cessent de s'intensifier, la police faisant un large usage des armes à feu. Pour autant, et malgré la pression de la communauté internationale pour un report du processus électoral, le président Nkurunziza n'a posé aucun geste d'apaisement. Au contraire, il a confirmé sa candidature à un troisième mandat présidentiel consécutif, pourtant interdit par la Constitution burundaise, en arguant du fait que lors de son premier mandat il n'avait pas été élu par le peuple mais par les parlementaires. Les élections législatives et communales restent donc fixées au 5 juin, suivies du scrutin présidentiel le 26 juin, puis des sénatoriales le 17 juillet.
Ne pas cautionner un système inacceptable
Après avoir considéré la manière dont ces élections sont organisées et leur évolution actuelle, les évêques ont estimé qu'il convenait que les prêtres démissionnent et cèdent leur place à ceux qui peuvent continuer le travail. De nombreux prêtres occupent en effet des fonctions importantes au sein des commissions électorales au niveau des provinces et des communes du pays.
Sur Radio Vatican, Mgr Gervais Banshimiyubusa, président de la Conférence des évêques du Burundi, explique qu'il n'y a que le parti au pouvoir et des partis satellites à ce pouvoir qui sont en campagne. Les partis de l'opposition, sans doute par peur, en sont absents. "La compétition n'est pas honnête", indique-t-il. "Dès lors que le travail qui est demandé aux prêtres est en contradiction avec leur mission de rassembleur et de réconciliateur, nous ne voyons pas pourquoi ces prêtres devraient continuer à être dans ce genre d'activités." En appelant les prêtres à démissionner, l'Eglise burundaise montre qu'elle ne veut pas cautionner un système qui lui semble inacceptable d'un point de vue moral. "Si on ne bâtit pas sur la vérité, sur la justice, ce qui en résulte, peut donner l'illusion d'un résultat positif mais pour combien de temps?" s'interroge Mgr Banshimiyubusa.
L’Eglise estime cependant que ces élections constituent la seule bonne voie pour un renouvellement des institutions.
P.G. (avec Radio Vatican)
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