Lutte paysanne: Pour une nourriture saine


Partager
Lutte paysanne: Pour une nourriture saine
Par Anne-Françoise de Beaudrap
Publié le - Modifié le
3 min

Ce 17 avril est décrété journée mondiale des luttes paysannes. La solidarité avec les fermiers donnera l'occasion aux volontaires d'aller planter des patates, notamment en province de Luxembourg.

Affiche 17 avril 2015

Sur les affiches et dans les différentes invitations à se mobiliser autour du monde paysan, la question est posée: "Que mangerons-nous demain?" Il ne s'agit pas de se demander si nous consommerons tel ou tel plat, mais quelle qualité de nourriture nous voulons mettre en bouche. Si nous espérons bénéficier des aliments locaux, produits de manière respectueuse pour la terre et pour notre avenir, alors nous devons faire le choix d'une agriculture paysanne. Or, le monde de la terre disparaît petit à petit. Deux chiffres illustrent cette évolution: chaque semaine, 62 agriculteurs quittent la profession; en Belgique, en à peine 30 années, plus de 63% de nos exploitations agricoles ont disparu au profit de grandes exploitations.

Serge Peerboom, le co-président du Mouvement d'Action Paysanne, était présent lors de la conférence donnée par un témoin du défi agricole en Haïti. Il constatait deux similitudes entre les problèmes liés à la paysannerie, au Nord comme au Sud. D'abord, l'appropriation de l'espace agricole par des grands propriétaires: "L'accaparement des terres est peut-être plus violent dans certains pays où on engage des mains fortes pour chasser les paysans. Chez nous, en Belgique, ça se fait de manière plus subtile et plus officielle, avec moins de violence. Un autre problème commun est le fait de pouvoir vivre de son métier. Dans beaucoup de pays, les paysans doivent aller travailler à l'extérieur et ce qu'ils gagnent ne leur donne pas de quoi vivre. Chez nous aussi, des agriculteurs sont au CPAS. C'est fou que quelqu'un qui nourrit les autres doive recevoir des colis alimentaires! Quelle humiliation pour ces personnes…"

De nombreuses O.N.G. appuient ce combat du monde paysan, tant en Belgique que sur le plan international. Les actions prévues autour du 17 avril 2015 sont organisées, par exemple, avec l'aide du C.N.C.D. 11.11.11, d'Oxfam Magasins du monde ou encore d'Entraide et Fraternité. Tous dénoncent le modèle agroalimentaire actuel et prônent un autre mode de production paysan.

Date symbolique

Pourquoi le 17 avril a-t-il été désigné comme journée mondiale de lutte paysanne? Il y a 19 ans, le 17 avril 1996, dix-neuf paysans du mouvement sans terre du Brésil étaient assassinés par des tueurs à la solde de grands propriétaires terriens. Depuis près de vingt ans, chaque 17 avril est une occasion de sensibiliser la population aux luttes paysannes d’ici et d’ailleurs.

Planter de patates à Haren filleL'enjeu est important, mais déjà de jeunes pousses apparaissent: des potagers collectifs aux coopératives foncières, des combats contre la spéculation alimentaire aux groupes d’achats communs, des formations aux ateliers cuisine, des repas de quartier aux épiceries sociales, de la production de semences paysannes aux ceintures alimentaires, des marchés paysans aux centrales d’achats pour restauration collective… Ce 17 avril ou à une date proche, en de multiples lieux de Belgique, tout un chacun pourra planter une pomme de terre, et discuter avec les fermiers de la région. Le détail des activités se trouve sur le site Luttes paysannes

A.-F. de BEAUDRAP

Catégorie : Belgique

Dans la même catégorie