L’European Syriac Union (ESU) lance un cri d’alarme pour les trente-cinq villages assyro-chrétiens situés le long de la rivière Khabur au nord-est de la Syrie, attaqués par le groupe terroriste Etat islamique (EI ou Daesh).
« Le week-end dernier, des colonnes de blindés de Daesh (ndlr : Etat islamique – EI) ont assailli tous les villages de la rive sud et même quelques villages de la rive nord de la rivière », affirme Rima Tüzün (photo), porte-parole de l’ESU. Et d’ajouter : « Comme les flots de la rivière diminuent fortement pour le moment,il faut absolument que la Turquie, un peu plus au nord, restaure ces flots pour empêcher davantage de groupes de Daesh de traverser la rivière avec des armes plus lourdes encore. »
Daesh a entamé ses attaques dans la région à l& mi-février, enlevant déjà au moins trois cent cinquante civils dans les villages concernés. « Nous ignorons le sort de grand nombre de ces otages, car seuls dix-neuf d’entre eux ont pu s’échapper. Mais il est certain que des hommes ont été tués et des femmes obligées à devenir des esclaves sexuels. »
Daesh semble vouloir prendre le contrôle de la vallée de Khabur, se préparant à attaquer ainsi la ville de Hassaké qui abrite de milliers de réfugiés assyro-chrétiens, kurdes, turkmènes, yézidis et d’autres minorités historiquement présentes dans cette région de la Syrie avoisinant l’Irak et la Turquie.
Mais la Turquie a tendance à fermer ses frontières privant ainsi les réfugiés d’aide alimentaire et d’eau potable. « La crise humanitaire dans la vallée de la rivière Khabur est dramatique », poursuit Rima Tüzün. « Et les responsables politiques en Europe et aux États-Unis doivent se mobiliser davantage. Car le but ultime de Daesh est de percer vers l’Irak pour y continuer sa politique d’extermination des minorités. Ne nous trompons pas : il n’est pas possible d’arrêter Daesh en Irak sans arrêter Daesh en Syrie. »
Malgré qu’elle sera elle-même au Moyen-Orient ce dimanche 15 mars, pour y défendre sur place les minorités rudement persécutées, la responsable internationale de l’European Syriac Union n’hésite pas à appeler tout un chacun de descendre dans la rue pour la marche nationale « Together in Peace » qui a lieu à Bruxelles.
« Devant Dieu ou Allah, nous sommes tous les mêmes. Nous devons donc absolument unir nos forces pour dire ‘oui’ à la liberté de conscience et de religion et à la dignité humaine et ‘non’ aux atrocités et la barbarie que les minorités chrétiennes, kurdes, turkmènes, yézidis et autres subissent momentanément en Syrie et en Irak », conclut-elle.
Benoit Lannoo
