Quelque 160 cardinaux venus du monde entier sont, depuis jeudi matin et pour deux jours, réunis au Vatican, autour du pape François, pour un consistoire, consacré en grande partie au projet de réorganisation de la Curie romaine. Extraits de l'interview de l'un d'eux, le cardinal Lacroix, au micro de Radio Vatican.
L’objectif, le Saint-Père l’a rappelé dans son discours d’ouverture, est de "favoriser une plus grande harmonie dans le travail des différents dicastères et bureaux, afin de réaliser une collaboration plus efficace, dans cette transparence absolue qui contribue à une authentique synodalité et collégialité". Pour cela le pape a demandé "du temps, de la détermination, et surtout la collaboration de tous".
Parmi les cardinaux présents en salle du Synode: l’un des plus jeunes au monde, le cardinal Gérald Cyprien Lacroix, archevêque de Québec, au Canada, créé cardinal par le pape François lors du consistoire de 2014. Hélène Destombes l’a rencontré au terme de la première matinée de travaux. Il revient sur le discours du Saint-Père et livre son sentiment sur cette nouvelle réforme:
Les objectifs, c’est d’abord de trouver pour la Curie romaine une harmonie dans le travail, de travailler vraiment ensemble. Comment doit circuler l’information? Comment on va réussir à partager, entre nous et spécialement pour ceux qui travaillent, ici, à la Curie romaine le travail, l’information pour qu’on puisse mieux servir la mission de l’Église. C’était la première chose. Ce qu’il a aussi dit d’important, c’est que pour qu’on arrive à cette harmonie, on doit avoir une collaboration et une transparence absolue de tout le monde. Cette collaboration nous rendra plus efficace.
Il a beaucoup insisté sur la nécessité de cette collaboration de tous. Vous avez senti, au sein du collège cardinalice, cette volonté d’avancer ensemble?
Oui, évidemment, par les interventions. Le pape le rappelait et certains l’ont rappelé aussi. Dans les congrégations, avant le Conclave, il y avait déjà un grand désir de réforme. Le pape répond à ce désir là. Alors évidemment les cardinaux qui étaient là avant le conclave sont, pour la plupart, encore là aujourd’hui. Ils voient que ça avance, que le Saint-Père a pris au sérieux cette demande et qu’il y a travaillé avec un conseil de neuf, mais aussi de façon élargie. Il a beaucoup consulté les chefs de dicastères. Les dicastères ont été informés et ont apporté des suggestions et beaucoup d’autres personnes ont été consultées également.
Le Saint-Père a précisé que la réforme entendait perfectionner l’identité de la Curie romaine. Quel doit être aujourd’hui cette identité?
Une identité de service. D’abord, service au Saint-Père pour l’aider dans sa mission pétrinienne. Mais service à la mission de l’Église et aux Églises locales. Il le dit à quelques reprises - je ne révèle pas de secrets, on l’a entendu dans certains de ses discours -, le pape dit: "Lorsqu’on est évêque, venir ici, à la Curie romaine, ne doit pas être comme passer à la douane. On doit venir ici pour recevoir l’appui, l’orientation, les outils nécessaires pour poursuivre notre mission, l’encourager. Alors, l’identité de la Curie, elle doit être là pour aider l'Eglise à réaliser sa mission, l’aider à réfléchir, l’aider aux grandes orientations, à clarifier des questions, tantôt d’ordre doctrinal, tantôt d’ordre pastoral, liturgique ou autre."
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©photo: catholicnews.com
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