Dimanche 8 février, de violents affrontements ont opposé la police égyptienne à des supporters du club de football Zamalek avant un match au Caire. Le bilan humain est le plus lourd enregistré depuis 2012: 22 morts et 25 blessés.
Les heurts ont éclaté devant un stade du nord-est du Caire. Des supporters du club de football de Zamalek ont tenté d'entrer de force dans l'enceinte du stade pour assister à la première rencontre du championnat de première division ouverte au public depuis 2012. La rencontre programmée contre le club d'Enbi se déroulait devant du public, et non à huis clos comme cela a été le cas pour la plupart des matches en Egypte depuis des violences meurtrières dans un stade à Port-Saïd en 2012, qui avaient fait 74 morts et des centaines de blessés. Seuls 10.000 supporters étaient autorisés à entrer, mais "la foule à l'extérieur a rapidement dépassé ce chiffre et a tenté de prendre d'assaut les portes du stade et d'escalader les murs", a indiqué le ministère de l'Intérieur dans un communiqué. Selon des témoins, les policiers ont fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser la foule et ont procédé à des tirs de chevrotine. Malgré la gravité de la situation, la rencontre a eu lieu, ce qui a aggravé la colère des supporters.
Le championnat est suspendu
A l'extérieur de la morgue au Caire, les proches des victimes se sont rassemblés pour tenter d'identifier un membre de leur famille. "Les jeunes sont censés construire ce pays, et la police les tue", a crié un homme, tandis que d'autres proches en sont venus aux mains avec les gardiens de la morgue qui bloquaient l'accès. Des responsables ont par la suite placé des ordinateurs à l'extérieur de la morgue, faisant défiler des photos des victimes pour permettre leur identification par les familles.
Selon un communiqué du parquet, le procureur général a ordonné l'ouverture d'une enquête. Le gouvernement a suspendu le championnat et la Fédération égyptienne de football a rétabli une interdiction pour le public d'assister aux matches, qui avait été partiellement levée en décembre par les autorités.
MVL (d'après AFP)

