Le week-end a été tragique sur le plan de l’actualité. Peu avant l’annonce de la décapitation de 21 Egyptiens coptes par les terroristes de l’Etat Islamique (EI), la capitale danoise a vécu un « remake » de l’attentat perpétré en France au début de l’année.
Samedi a été une journée noire pour le Danemark. Dans l’après-midi, une attaque, perpétrée par un homme armé d'un pistolet-mitrailleur, a visé les participants à un débat consacré à la liberté d'expression, tuant un réalisateur de 55 ans. L’auteur des faits a tiré plusieurs dizaines de balles sur un centre culturel où se tenait un débat sur l’islamisme et la liberté d’expression auquel une dizaine de personnes assistaient. L’attaque visait probablement le dessinateur Lars Vilks, auteur d’une des fameuses caricatures de Mahomet, et l’ambassadeur de France. Ensuite, une autre attaque a eu lieu dans la nuit visant une synagogue. Un homme a été tué, ce qui porte le bilan des victimes à deux morts et cinq blessés.
La Commission européenne a condamné l'attentat. « Nos pensées vont aux victimes et à leurs famille », a-t-elle indiqué dans un communiqué. « L'Europe est aux côtés du Danemark dans la lutte pour la liberté d'expression. Elle ne se laissera pas intimider ».
L'auteur présumé de deux attaques meurtrières a été identifié. Selon la presse, il s’agit d’un Danois de 22 ans s'appelant Omar El-Hussein. Il a été abattu par la police dans la nuit de dimanche. Il semble qu’il était sorti de prison, où il avait purgé une peine pour une agression, deux semaines avant les attaques terroristes. Par ailleurs, la police danoise a confirmé lundi que deux hommes étaient inculpés de complicité avec l'auteur présumé des attaques. Ces deux suspects ont été déférés devant un juge lundi en fin de matinée. La police continue à quadriller la capitale danoise et a lancé un nouvel appel à témoins afin de déterminer le trajet exact de l'auteur des attentats et d'appréhender d'éventuels autres complices.
Ceci repose la question du « vivre ensemble » dans un pays où la liberté est sacrée. Le Danemark est réputé pour ne pas entraver celle-ci. C’est ainsi que même des prédicateurs radicaux peuvent tenir des discours enflammés, au vu et su des autorités sans encourir des sanctions. Pour les Danois, le choc est donc important !
Comment lutter contre le radicalisme ? C’est la question que chacun se pose. Dans la prochaine édition du journal Dimanche, le psychiatre Philippe van Meerbeeck et le ministre de la Justice Koen Geens portent un regard croisé sur cette problématique.
J.J.D.

