Plus de 700 personnes avaient tenu à être présentes pour les funérailles de Gilberte Degeimbre, la dernière voyante de Beauraing. Un moment très digne et d'une grande sobriété. Même si chacun était heureux de savoir que Gilberte allait enfin revoir la ''Belle Dame'', bien des yeux étaient brillants d'émotion surtout au moment des ultimes prières à l'Aubépine.
Un ciel bien gris enveloppe Beauraing. Un petit crachin est même au rendez-vous. Une météo bien triste comme tous ceux qui sont présents dans cette crypte du Rosaire. Des Beaurinois bien sûr mais aussi des habitués dont certains venaient de France. Ils étaient là pour saluer la mémoire de Gilberte Degeimbre. A 92 ans, elle était le dernier témoin des apparitions de la Vierge Marie.
Une Vierge Marie apparue entre le 29 novembre 1932 et le 3 janvier 1933. Trente-trois apparitions qui vont changer, à jamais, la vie de ces enfants. Des apparitions qui feront que Beauraing deviendra, par la suite, une cité mariale. Des apparitions de la Vierge qui étaient des moments heureux pour les enfants dont Gilberte, la plus jeune. Elle n'avait alors que 9 ans. Des moments douloureux aussi: on ne croyait pas les enfants (lire par ailleurs le témoignage de Gilberte! ''Cette souffrance dira l'abbé Bastin dans son homélie c'est la souffrance même de Jésus lorsqu'on le prenait pour un usurpateur, c'est la souffrance d'un Père qui n'est pas reconnu!''
La revoir
Gilberte Degeimbre après avoir vécu en Italie était revenue, avec sa famille, à Beauraing. Et chaque jour, elle venait aux sanctuaires pour prier mais aussi pour témoigner. Toujours avec la même ferveur, avec la même émotion, avec des mots si simples et tellement forts, elle racontait inlassablement.
Jusqu'il y a quelques mois encore, elle venait prier le chapelet, à 18h30, l'heure des apparitions. Elle espérait que la ''Belle Dame'' comme elle disait réapparaîtrait...
''Je suis toujours agenouillée au pied de l'aubépine'' dira l'abbé Bastin lors de son homélie. Il relayait là une confidence de Gilberte alors hospitalisée. Une homélie dans laquelle, le prêtre citera à bien des reprises, le mot préféré de Gilberte. Un mot tout simple: ''merci'. ''Lorsque vous apprendrez que je suis morte, chantez le Magnificat: le merci de Marie à l'adresse du Seigneur. Il faut dire merci, disait-elle, même pour les choses que l'on ne voit pas.''
Dans son homélie, le recteur des sanctuaires soulignera également le fait que Gilberte était une femme comme les autres et ''même d'avoir peut-être été un enfant moins pieux que les autres, elle en avait conscience. Elle est restée Gilberte, dans toute la beauté, la richesse mais aussi les limites de son humanité. Quelle force de Grâce il lui a fallu pour ne pas se glorifier et se prendre pour une vedette que l'on veut toucher, une vedette que l'on adule.''
Il soulignera aussi lors de ces funérailles, le côté très priant de Gilberte Degeimbre. Et des prières qui ne s'adressaient pas qu'à la Vierge. Elle récitait souvent le ''Notre Père''. La Vierge a confié, aux enfants, un message dont un qui demandait la construction d'une chapelle. Le message donné à Gilberte était secret, elle l'a donc emporté avec elle. L'abbé Bastin est pourtant convaincu de l'avoir découvert: ''il suffisait de la voir prier, de l'entendre prier pour comprendre que son secret, c'était Jésus.''
Christine Bolinne
Texte et photos du Diocèse de Namur
