Chaque jour, le scénario se répète pour des milliers de personnes qui vivent dans la rue : il faut s’inscrire sur une liste dans l’espoir de bénéficier d’un hébergement pour la nuit. A Bruxelles comme dans les grandes villes du pays, la crainte est la même pour les gestionnaires d’abris de nuit : devoir refuser des gens par manque de place.
Le 13 décembre 2014, le Samu social à Bruxelles lance un appel de détresse dans les médias : « Nous manquons de place dans les centres d’accueil et les sans-abri restent à la rue ». Un mois plus tard, la situation s’est quelque peu débloquée. Le 24 décembre, un abri de nuit a été ouvert en urgence à Schaerbeek, ce qui a permis de monter la capacité d’accueil à 870 places. « Avant l'ouverture de ce centre, la capacité d'accueil était de 620 personnes. On refusait plus de 100 demandes chaque jour », explique Christophe Thielens, le porte-parole du Samu social. « Hier, (ndlr : le 7 janvier 2015) nous avons accueilli 784 personnes. Au total, nous avions 880 inscrits pour 870 places, mais, le soir venu, plusieurs personnes ne se sont pas présentées ».
Ni drogue, ni alcool, ni violence
A Liège, l’abri de nuit de l’asbl Opération Thermos accueille tous les soirs, de novembre à avril, 24 personnes que la misère, la détresse, la solitude, ou tout simplement un copain, ont conduites jusqu’à ce bâtiment de la rue Chevaufosse. Ni drogue, ni alcool, ni violence… en dehors de ces trois conditions l’abri accueille tout être humain qui est dans le froid et à la rue. « On ne lui demande pas s'il a ses papiers, quelle est sa religion, si c'est un homme ou une femme. Nous hébergeons autant de belges que de personnes d’origine étrangères. La majorité des sans-abri sont des hommes, mais je remarque que nous rencontrons de plus en plus de personnes âgées ou de tout jeunes gens », observe Jean-Yves Buron de l’asbl Thermos. Depuis 6 ans, Jean-Yves est veilleur de nuit au sein de l’abri. Comme la centaine de bénévoles (Thermos est le seul abri en Belgique à fonctionner exclusivement avec des bénévoles) il offre son temps au service des exclus. 14 équipes se relaient pour effectuer une prestation toutes les deux semaines. Chaque équipe est constituée de 3 veilleurs qui passent la nuit à l’abri et de 3 ou 4 accompagnateurs qui y passent la soirée.
Un lit pour une nuit, voire plus…
A Bruxelles, les sans-abri s’inscrivent pour la nuit. Le Samu social les dirige vers les centres qui peuvent les héberger, selon le nombre de places disponibles. A Liège, Thermos, accueille les demandeurs pendant 7 nuits consécutives par mois. Après ce délai, la personne doit se tourner vers un autre abri où elle pourra également bénéficier de 7 nuits. « Concrètement, explique Jean-Yves Buron, on prend les inscriptions chaque jour à 20h, puis nous étudions qui sont les nouveaux et qui sont ceux qui sont ‘dans leurs 7 jours’. A 21h, nous faisons entrer les gens. Ils peuvent prendre leur douche, manger un bout, prendre une tasse de café, jouer aux cartes, discuter. A 23h extinction des feux. Réveil à 6h30, ils ont jusqu'à 7h45 pour déjeuner et prendre une douche. »
Quand la capacité maximale est atteinte, un bénévole de Thermos essaye de joindre les autres abris pour loger les personnes. Si aucune solution n’est trouvée, la personne reçoit une couverture, un café et une gaufre. « A partir de -3 degrés, la ville intervient et paye des chambres d'hôtel bon marché pour que personne ne soit dans la rue par des températures négatives », précise encore Jean-Yves Buron.
Manu VAN LIER
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- Pour une analyse détaillée de la situation à Bruxelles (en lien avec le Samu social), lire l'article en page Belgique du journal Dimanche n°2 - en PDF sur la boutique

