Ce lundi 12 janvier, les Tournaisiens fêtent le "Lundi parjuré" ou le "Lundi perdu". La coutume remonte à la moitié du 19e siècle, époque où les seigneurs fonciers tenaient leurs propres assises judiciaires.
Le lundi qui suit l’Epiphanie, le lapin à la tournaisienne est au menu de nombreuses familles de la région. Les familles ont l’habitude de se réunir pour ce temps de partage dont elles profitent dans les chaumières ou au restaurant. Après une entrée composée de saucisse servie avec de la compote de pommes ou du chou, le lapin aux pruneaux et aux raisins constitue le plat phare de cette fête tournaisienne. Ce rassemblement familial a l’habitude d’être festif et rythmé de chants populaires dont l’hymne du Tournaisien Albert Coens: L’lapin du Lindi perdu.
La coutume remonte au 19e siècle, époque où les riches propriétaires terriens tenaient leurs propres tribunaux extraordinaires. Ces assises judiciaires, appelées plaids généraux ou franches vérités, étaient ouvertes au public et avaient pour but d’investiguer sur les meurtres qui n’avaient pas été élucidés par la justice au cours de l’année écoulée. Les assises avaient lieu le lundi suivant l’Epiphanie, au moment du "parjure deluns", dont font allusion certains écrits du Moyen-Age (jour de la lune). La journée se terminait en grande pompe par un copieux repas.
Le "Lundi perdu" fait référence au fait que le travail était perdu ce jour-là puisque les travailleurs étaient tenus de prendre un congé sans solde pour célébrer le jour des tribunaux. Aujourd’hui, bien que tout le monde ne prend pas nécessairement congé, "faire lundi perdu" est encore courant pour de nombreux Tournaisiens.
S.T. (d’après tournai.be et Belgique-tourisme.be)
