Virton, Boussu, Gand, etc. La litanie des centres d'accueil pour demandeurs d'asile menacés de fermeture s'allonge. Ces sinistres décisions sont liées à la réduction du budget fédéral.
L’année 2015 commence difficilement pour les centres d’accueil pour demandeurs d’asile en Belgique. La capacité totale devra être réduite de 2.057 places d’ici cet été. Une diminution de 12%, et donc des fermetures de centres d’accueil, liée à une réduction de budget actée par le gouvernement fédéral en décembre dernier: l’agence fédérale Fedasil doit procéder en 2015 à une économie de 16,4 millions d’euros. Avec moins de budget, certaines infrastructures pour réfugiés et demandeurs d’accueil ne pourront plus fonctionner.
La première infrastructure locale concernée est le centre d’accueil de Virton (130 places). Celui-ci fermait ses portes fin décembre 2014. Ce choix de Virton se justifie - d’après la Fedasil - par le mauvais état du centre (présence d’amiante dans le bâtiment, normes de sécurité incendie non conformes). Les investissements à consentir pour remettre le bâtiment aux normes étaient trop importants dans le contexte budgétaire actuel. Ce lieu disposait d’une capacité d’accueil de 130 places, dont 36 places spécifiques pour mineurs étrangers non accompagnés (Mena). En décembre, 72 demandeurs y étaient hébergés. Ceux-ci devaient être déplacés dans d’autres centres d’accueil.
"Nous parlons d’êtres humains"
Cette décision du Fedasil a malheureusement de lourdes conséquences sociales. La fermeture du centre d’accueil de Virton a entraîné le licenciement collectif des 34 membres du personnel en date du 2 janvier. Ce délai très court a surpris toutes les personnes concernées qui n’ont par ailleurs obtenu ni indemnités supplémentaires ni possibilités de reclassement.
Une décision identique a touché le centre de Boussu (province du Hainaut) qui accueillait 33 réfugiés. Les cinq employés concernés par cette fermeture se sont mis en grève en apprenant cette décision fédérale: «Nous manifestons aujourd’hui afin de sensibiliser les gens, que le ministre se rende compte que nous parlons d’êtres humains. » D’autres infrastructures à Barvaux, à Gand, etc, ont été concernées par cette première vague.
Depuis le 1er janvier, les mauvaises nouvelles continuent de pleuvoir sur le territoire belge. L’Avenir prend l’exemple de la région de Namur (dans l’édition du 7 janvier): cinq ILA (Initiatives Locales d’Accueil) devront fermer leurs portes d’ici l’été 2015. Après Mettet l’année dernière, ce devrait être le tour de Couvin, Doische et Profondeville ainsi qu’un logement à Gedinne (8 places) dépendant du centre d’accueil de Pondrôme. La résidence Les Frènes à Profondeville, qui espérait passer entre les gouttes, a donc appris qu’elle perdra ses 22 places communautaires. Deux éducatrices qui travaillaient au bon fonctionnement de l’ILA communautaire profondevilloise se trouveront sans emploi à partir du 30 juin.
A.-F. de Beaudrap
