Au cours d'un voyage au Vatican, des personnalités chrétiennes et musulmanes ont rencontré le pape François. Le jour même où s'est produit l'attentat au journal "Charlie Hebdo". Lors d'une conférence de presse, Mohammed Moussaoui est revenu sur l'importance capitale du dialogue entre chrétiens et musulmans, encore plus en temps particulièrement troublés.
Plusieurs personnalités du monde musulman, dont Mohammed Moussaoui, Azzedine Gaci ou encore Tareq Oubrou ont rencontré la presse ce jeudi 8 décembre à l’ambassade de France près le Saint-Siège, aux côtés de Mgr Michel Dubost et du P. Christophe Roucou. Mgr Dubost, évêque d’Evry-Corbeil-Essones, en France, est président du Conseil pour les relations interreligieuses de la Conférence des évêques de France (CEF), le Père Roucou étant directeur du Service national pour les relations avec l’islam (SRI).
Créer de nouveaux horizons
Mohammed Moussaoui a insisté sur l'objectif de leur voyage au Vatican: "Il est vrai que lorsque nous sommes venus à Rome, notre objectif était de montrer la réalité du dialogue entre musulmans et chrétiens en France, de faire part de ce dialogue au Saint-Siège, à sa Sainteté le Pape François, mais aussi au cardinal Tauran, qui est chargé de ce dossier au sein du Vatican, parce que nous pensions qu’au-delà du dialogue quotidien que nous vivons en France, il fallait aussi quelque chose de symbolique. Et nous pensions que la rencontre avec Sa Sainteté le Pape François pouvait donner ce symbole et générer des nouveaux dynamismes et créer de nouveaux horizons pour le dialogue interreligieux".
Il dit que leur conviction demeure intacte, en dépit de la tragédie de Charlie Hebdo: "Nous étions convaincus de cela. Nous restons convaincus de cela malgré tout ce qui s’est passé. Ce qui s’est passé aujourd’hui à Paris, cette tragédie qui nous a rattrapés en sortant de l’audience avec Sa Sainteté le Pape François, nous a renforcés dans la nécessité de dialoguer encore".
Refuser la "peur du musulman"
Monsieur Moussaoui a encore souligné que la peur est un terrain fertile pour la haine: "Il y a des menaces qui ont été proférées, contre la France, d’exporter les violences et les atrocités que vivent nos frères chrétiens et musulmans en Orient, de transporter au cœur de nos pays – la France en fait partie – et cette volonté de créer d’autres espaces de confrontation. Et plus il y aura cette peur entre les communautés, plus les extrémistes vont pouvoir développer leur haine et leur idéologie".
Dans ce contexte, le dialogue est d'autant plus incontournable: "Aujourd’hui, nous sommes convaincus que le dialogue est un chemin, un moyen de préparer nos concitoyens à l’impact qu’aurait ce type d’action, de violence. Je suis convaincu que ceux qui sont dans le dialogue depuis longtemps regardent avec recul ce type de violence. Mais si on regarde nos concitoyens qui n’ont pas cette expérience de dialogue, c’est le superficiel qui va remonter tout de suite. Cela veut dire que c’est la « peur du musulman » qui va apparaître. (…) Face à ceux qui instrumentalisent l’islam, nos concitoyens qui ne connaissent pas cette religion, peuvent croire que, peut-être, il y a en elle quelque chose qui pourrait amener un jeune à cette violence. C’est dans ce sens-là qu'il faut que le dialogue soit intensifié beaucoup plus qu’auparavant"
CH (avec ZENIT)
Légende photo: le dialogue interreligieux


