Réfugiés syriens: l’appel de Caritas à la solidarité


Partager
Réfugiés syriens: l’appel de Caritas à la solidarité
Par La rédaction
Publié le - Modifié le
4 min

Depuis plus de trois ans, le conflit syrien ébranle la région du Moyen-Orient. Selon les Nations Unies, 12 millions de Syriens ont été touché de plein fouet par la crise et ont un besoin urgent d’aide humanitaire. 5.000 Syriens fuient leur pays chaque jour. Les pays voisins, dont le Liban, sont saturés. Caritas se mobilise sur le terrain pour apporter un peu d’humanité à ceux qui ont tout perdu. Pour aider les réfugiés syriens à passer l’hiver, Caritas relance son appel aux dons.

caritasprDepuis le 15 mars 2011, la crise syrienne n’a eu de cesse de s’intensifier s’étalant sur l’ensemble du territoire du pays et bien au-delà, notamment en Turquie, au Liban, en Jordanie, en Irak et en Egypte. Au total, près de 12 millions de personnes ont grandement besoin d’une assistance humanitaire. Les réfugiés sont près de 4 millions et l’écrasante majorité d’entre eux sont accueillis dans les pays voisins du conflit. Au Liban, le plus petit des voisins, les réfugiés ayant fui la crise syrienne représentent aujourd’hui un tiers de la population. Depuis mars 2011, "aux 4,5 millions de Libanais, se sont ajoutés 1.122.000 réfugiés syriens officiellement enregistrés auprès de l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés", précise Caritas dans un communiqué. En réalité, Caritas estime que 40% des Syriens ayant pris la fuite ont jeté leur dévolu sur le Liban pour trouver refuge. "S’y ajoutent des dizaines de milliers de réfugiés palestiniens venus eux aussi de Syrie, et au moins 700 familles chrétiennes venues de Bagdad, Mossoul et Erbil, suites aux assauts de l’Etat Islamique au nord de l’Irak. Au Liban aujourd’hui, 1 personne sur 3 est un réfugié", dénombre Caritas.

Une solidarité lourde de conséquences

Si la Belgique avait accueilli la même proportion de réfugiés qu’accueille actuellement le Liban, cela reviendrait à 4 millions de personnes supplémentaires auprès desquelles notre pays aurait dû organiser une aide d’urgence et d’accueil. Or, au cours des trois dernières années, seuls 150.000 Syriens ont atteint l’Europe pour demander l’asile. Dans un communiqué paru début décembre, Amnesty International avait dénoncé la lamentable réponse de la communauté internationale en matière d’accueil des réfugiés. Un manque de soutien et d’humanité dont les conséquences sont désastreuses pour des millions de réfugiés, avait souligné l’organisation mondiale. Au Liban, l’afflux massif de réfugiés, majoritairement des musulman sunnites, "met à mal l’équilibre difficilement atteint, au lendemain de la guerre civile libanaise, entre les 2 communautés musulmanes et chrétiennes du Liban et les 18 courants religieux qui les traversent", précise Caritas. "Sur le plan sécuritaire", explique Paul Karam, président de Caritas Liban, "le dénuement dans lequel se trouvent les ménages réfugiés se traduit par une recrudescence des vols et à un climat de suspicion généralisé qui conduit à la violence." L’accueil massif de réfugiés influence nécessairement l’économie du pays. "On ne peut négliger le coût que leur accès à l’eau, à l’électricité ou au gaz implique", insiste Paul Karam. C’est sans compter les répercussions sociales et humanitaires qu’une telle crise inflige à la population libanaise. Le coût de la vie a augmenté, les salaires ont baissé, les conditions de travail se sont détériorées, la crise du logement s’est installée.

Appel à l’engagement de l’Europe

Si pour Paul Karam, "le Liban reste une terre d’espoir", il doit pouvoir compter sur l’aide internationale pour "apporter une réponse à la hauteur des besoins sur place." Une réponse onéreuse puisque les Nations Unies estiment que 4,5 milliards de dollars restent encore à trouver.

Caritas appelle également la communauté internationale à prendre ses responsabilités. "Il appartient aux instances d’asile européennes de soulager les pays voisins de la Syrie en garantissant une protection et un accès sûr et légal à celles et ceux qui n’ont d’autre choix que de fuir leur pays déchiré par la guerre", exhorte Caritas.

L’organisation catholique relance dès lors son appel aux dons au profit des victimes de conflit syrien. Elle rappelle que 26€ suffisent à fournir 2 semaines de nourriture à une famille déplacée. Un kit de survie, comprenant matelas, couvertures, ustensiles de cuisine et nourriture, coûte 42€. Les dons en soutien de ses opérations en cours dans la région sont les bienvenus sur le compte BE88 0000 0000 4141 ou via le site web www.caritas-int.be.

Sophie TIMMERMANS


Dans la même catégorie