A Rome, un consistoire se tient ce lundi: il est consacré au sort des chrétiens au Moyen-Orient et aux conflits qui agitent cette région.
Le consistoire convoqué ce lundi 20 octobre par le pape François au Vatican n'a pas seulement eu à l’ordre du jour les canonisations de deux bienheureux, l’oratorien Giuseppe Vaz et Marie-Christine de l’Immaculée-Conception. La réunion des cardinaux présents à Rome a été élargie aux six patriarches des Eglises du Moyen-Orient pour informer le Collège cardinalice du sort des chrétiens dans cette région où sévissent plusieurs conflits. On abordera aussi les efforts de la diplomatie vaticane.
La rencontre fait suite à celle organisée au début du mois entre nonces de la région et dirigeants de la Curie romaine autour du secrétaire d’Etat du Saint-Siège, le cardinal Pietro Parolin. Le pape était alors intervenu, demandant d’identifier des actions à tous niveaux pour sensibiliser l’opinion publique et manifester la solidarité de l’Eglise catholique envers les chrétiens persécutés. "Pour combattre le fondamentalisme et le terrorisme, il faut favoriser le dialogue interreligieux", avait déclaré le 3 octobre Mgr Dominique Mamberti, secrétaire pour les rapports avec les Etats.
Pour le Saint-Siège, les responsables chrétiens et musulmans devraient aussi continuer de donner de la voix pour dénoncer l’instrumentalisation de la religion dans les violences.
Redéfinir l'avenir
La réunion du consistoire s'est ouverte par le discours du Saint-Père et le rapport du Secrétaire d'Etat sur la rencontre des nonces et des représentants diplomatiques au proche et moyen Orient (Vatican, 2-4 octobre), les Cardinaux et les Patriarches ont pris la parole: Les Patriarches ont notamment décrit les situations et les problèmes des Eglises particulières en Irak, Syrie, Egypte, Jordanie, Liban, Israël et Palestine. Les interventions ont insisté sur l'exigence de la paix et de la réconciliation, la défense de la liberté religieuse, le soutien aux communautés locales, l'importance de l'éducation pour de nouvelles générations capables de dialoguer, le rôle de la communauté internationale.
On a souligné que la région a un besoin urgent de redéfinir son avenir. Il est important que Jérusalem soit reconnue comme capitale de la foi pour les trois grandes religions monothéistes, comme nécessaire de trouver une solution aux conflits israélo-palestiniens et syrien. Face aux violences perpétrées par l'EI, il a été rappelé que l'on ne peut pas tuer au nom de Dieu. Il a été dit que la liberté de conscience, qui inclut la liberté de religion, est un droit fondamental, inné et universel, une valeur pour toute l'humanité. La reconnaissance pour les chrétiens des droits civils accordés aux autres citoyens a été réclamée, surtout dans les pays où la religion n'est pas séparée de l'Etat.
A propos du soutien aux communautés locales, on a rappelé qu'un Orient sans chrétiens serait une perte grave pour le monde, car elles ont un rôle fondamental dans l'équilibre de la région et dans l'éducation. Il convient donc d'encourager les chrétiens à ne pas quitter leurs pays et à persévérer dans leur contribution au bien-être de leurs sociétés. Une réflexion a été développée sur la migration des chrétiens, qui doivent pouvoir être accueillis dans les pays d'émigration et par les Eglises locales. Celles-ci doivent donc se doter de structures pastorales adéquates en fonction des divers rites. On doit poursuivre en parallèle la fourniture de l'aide humanitaire dans cette partie du monde afin d'aider les chrétiens restants à ne pas émigrer. Les autres Eglises doivent également organiser en leur faveur des manifestations de solidarité, comme des pèlerinages.
Dans nombre de pays de la région, les manuels scolaires présentent sous un jour négatif les religions différentes de celle de l'Etat. Les institutions publiques locales sont invitées à se pencher sur la question, et à recourir plutôt au dialogue interreligieux sur leur base commune qu'est la raison, mais aussi à une forte coopération oecuménique qui permette à toutes les confessions chrétiennes de parler d'une même voix. Il est demandé à la communauté internationale de garantir aux réfugiés chrétiens la possibilité de regagner dès que possible leurs foyers et d'instituer des zones de sécurité, notamment dans la plaine de Ninive. Il faut tout faire pour que toutes les personnes séquestrées soient libérées, et un appel est lancé pour qu'on ne les oublie pas.

